—En chassant.

—Le fusil à la main?

—Le fusil à la main.»

Je regardai le commandant du Nautilus d'un air qui n'avait rien de flatteur pour sa personne.

«Décidément, il a le cerveau malade, pensai-je. Il a eu un accès qui a duré huit jours, et même qui dure encore. C'est dommage! Je l'aimais mieux étrange que fou!»

Cette pensée se lisait clairement sur mon visage, mais le capitaine Nemo se contenta de m'inviter à le suivre, et je le suivis en homme résigné à tout.

Nous arrivâmes dans la salle à manger, où le déjeuner se trouvait servi.

«Monsieur Aronnax, me dit le capitaine, je vous prierai de partager mon déjeuner sans façon. Nous causerons en mangeant. Mais, si je vous ai promis une promenade en forêt, je ne me suis point engagé à vous y faire rencontrer un restaurant. Déjeunez donc en homme qui ne dînera probablement que fort tard.»

Je fis honneur au repas. Il se composait de divers poissons et de tranches d'holoturies, excellents zoophytes, relevé d'algues très-apéritives, telles que la Porphyria laciniata et la Laurentia primafetida. La boisson se composait d'eau limpide à laquelle, à l'exemple du capitaine, j'ajoutai quelques gouttes d'une liqueur fermentée, extraite, suivant la mode kamchatkienne, de l'algue connue sous le nom de «Rhodoménie palmée.»

Le capitaine Nemo mangea, d'abord, sans prononcer une seule parole. Puis, il me dit: