Je regardai fixement Ned Land, dont les intentions étaient faciles à deviner.

«Parce que, dis-je, si j'en crois mes pressentiments, si j'ai bien compris l'existence du capitaine, le Nautilus n'est pas seulement un navire. Ce doit être un lieu de refuge pour ceux qui, comme son commandant, ont rompu toute relation avec la terre.

—Peut-être, dit Conseil, mais enfin le Nautilus ne peut contenir qu'un certain nombre d'hommes, et monsieur ne pourrait-il évaluer ce maximum?

—Comment cela, Conseil?

—Par le calcul. Étant donnée la capacité du navire que monsieur connaît, et, par conséquent, la quantité d'air qu'il renferme; sachant d'autre part ce que chaque homme dépense dans l'acte de la respiration, et comparant ces résultats avec la nécessité où le Nautilus est de remonter toutes les vingt-quatre heures...»

La phrase de Conseil n'en finissait pas, mais je vis bien où il voulait en venir.

«Je te comprends, dis-je; mais ce calcul-là, facile à établir d'ailleurs, ne peut donner qu'un chiffre très-incertain.

—N'importe, reprit Ned Land, en insistant.

—Voici le calcul, répondis-je. Chaque homme dépense en une heure l'oxygène contenu dans cent litres d'air, soit en vingt-quatre heures l'oxygène contenu dans deux mille quatre cents litres. Il faut donc chercher combien de fois le Nautilus renferme deux mille quatre cent litres d'air.

—Précisément, dit Conseil.