La chasse recommença, et le commandant Farragut, se penchant vers moi, me dit:
«Je poursuivrai l'animal jusqu'à ce que ma frégate éclate!
—Oui, répondis-je, et vous aurez raison!»
On pouvait espérer que l'animal s'épuiserait, et qu'il ne serait pas indifférent à la fatigue comme une machine à vapeur. Mais il n'en fut rien. Les heures s'écoulèrent, sans qu'il donnât aucun signe d'épuisement.
Un vieux canonnier à barbe grise. ([Page 39].)
Cependant, il faut dire à la louange de l'Abraham-Lincoln qu'il lutta avec une infatigable ténacité. Je n'estime pas à moins de cinq cents kilomètres la distance qu'il parcourut pendant cette malencontreuse journée du 6 novembre! Mais la nuit vint et enveloppa de ses ombres le houleux océan.
En ce moment, je crus que notre expédition était terminée, et que nous ne reverrions plus jamais le fantastique animal. Je me trompais.
A dix heures cinquante minutes du soir, la clarté électrique réapparut, à trois milles au vent de la frégate, aussi pure, aussi intense que pendant la nuit dernière.