Si peu que ma soif fut apaisée, j'avais cependant retrouvé quelque force. Les muscles de mon gosier, contractés jusqu'alors, se détendaient; l'inflammation de mes lèvres s'était adoucie. Je pouvais parler.

«Voyons, dis-je, nous n'avons maintenant qu'un parti à prendre; l'eau nous manque; il faut revenir sur nos pas.»

Pendant que je parlais ainsi, mon oncle évitait de me regarder; il baissait la tête; ses yeux fuyaient les miens.

«Il faut revenir, m'écriai-je, et reprendre le chemin du Sneffels. Que Dieu nous donne la force de remonter jusqu'au sommet du cratère!

Revenir! fit mon oncle, comme s'il répondait plutôt à lui qu'à moi-même.

—Oui, revenir, et sans perdre un instant.»

Il y eut un moment de silence assez long.

«Ainsi donc, Axel, reprit le professeur d'un ton bizarre, ces quelques gouttes d'eau ne t'ont pas rendu le courage et l'énergie?

—Le courage!

—Je te vois abattu comme avant, et faisant encore entendre des paroles de désespoir!»