—Eh bien, elle refroidira,» répondit mon oncle.

Le couloir s'emplissait de vapeurs, tandis qu'un ruisseau se formait et allait se perdre dans les sinuosités souterraines; bientôt après, nous y puisions notre première gorgée.

Ah! quelle jouissance! quelle incomparable volupté! Qu'était cette eau? D'où venait-elle? Peu importait. C'était de l'eau, et, quoique chaude encore, elle ramenait au coeur la vie prête à s'échapper. Je buvais sans m'arrêter, sans goûter même.

Ce ne fut qu'après une minute de délectation que je m'écriai:

«Eh! mais c'est de l'eau ferrugineuse!

—Excellente pour l'estomac, répliqua mon oncle, et d'une haute minéralisation! Voilà un voyage qui vaudra celui de Spa ou de Toeplitz!

—Ah! que c'est bon!

—Je le crois bien, une eau puisée à deux lieues sous terre; elle a un goût d'encre qui n'a rien de désagréable. Une fameuse ressource que Hans nous a procurée là! Aussi je propose de donner son nom à ce ruisseau salutaire.

—Bien!» m'écriai-je.

Et le nom de «Hans-bach» fut aussitôt adopté. Hans n'en fut pas plus fier. Après s'être modérément rafraîchi, il s'accota dans un coin avec son calme accoutumé.