—Rien n'est plus facile. J'ai précisément reçu, il y a quelque temps, une carte de mon ami Peterman, de Leipzig; elle ne pouvait arriver plus à propos. Prends le troisième atlas dans la seconde travée de la grande bibliothèque, série Z, planche 4.»
Je me levai, et, grâce à ces indications précises, je trouvai rapidement l'atlas demandé. Mon oncle l'ouvrit et dit:
«Voici une des meilleures cartes de l'Islande, celle de Handerson, et je crois qu'elle va nous donner la solution de toutes tes difficultés.»
Je me penchai sur la carte.
«Vois cette île composée de volcans, dit le professeur, et remarque qu'ils portent tous le nom de Yocul. Ce mot veut dire «glacier» en islandais, et, sous la latitude élevée de l'Islande, la plupart des éruptions se font jour à travers les couches de glace. De là cette dénomination de Yocul appliquée à tous les monts ignivomes de l'île.
—Bien, répondis-je, mais qu'est-ce que le Sneffels?»
J'espérais qu'à cette demande il n'y aurait pas de réponse. Je me trompais. Mon oncle reprit:
«Suis-moi sur la côte occidentale de l'Islande. Aperçois-tu Reykjawik, sa capitale? Oui. Bien. Remonte les fjörds innombrables de ces rivages rongés par la mer, et arrête-toi un peu au-dessous du soixante-cinquième degré de latitude. Que vois-tu là?
—Une sorte de presqu'île semblable à un os décharné, que termine une énorme rotule.
—La comparaison est juste, mon garçon; maintenant, n'aperçois-tu rien sur cette rotule?