—Oui, monsieur Lidenbrock; les travaux de MM. Olafsen et Povelsen exécutés par ordre du roi, les études de Troïl, la mission scientifique de MM. Gaimard et Robert, à bord de la corvette française la Recherche[1], et dernièrement, les observations des savants embarqués sur la frégate la Reine-Hortense, ont puissamment contribué à la reconnaissance de l'Islande. Mais, croyez-moi, il y a encore à faire.

[1] La Recherche fut envoyée en 1835 par l'amiral Duperré pour retrouver les traces d'une expédition perdue, celle de M. de Blosseville et de la Lilloise, dont on n'a jamais eu de nouvelles.

—Vous pensez? demanda mon oncle d'un air bonhomme, en essayant de modérer l'éclair de ses yeux.

—Oui. Que de montagnes, de glaciers, de volcans à étudier, qui sont peu connus! Et tenez, sans aller plus loin, voyez ce mont qui s'élève à l'horizon; c'est le Sneffels.

—Ah! fit mon oncle, le Sneffels.

—Oui, l'un des volcans les plus curieux et dont on visite rarement le cratère.

—Éteint?

—Oh! éteint depuis cinq cents ans.

—Eh bien! répondit mon oncle, qui se croisait frénétiquement les jambes pour ne pas sauter en l'air, j'ai envie de commencer mes études géologiques par ce Seffel… Fessel… comment dites-vous?

—Sneffels, reprit l'excellent M. Fridriksson.»