— Quelle classe ? fait l’employé, d’un ton bourru.

— Première.

Grands saluts de l’employé qui, la casquette à la main, conduit le voyageur au coupé, lui ouvre la porte et l’aide à monter.

Un autre voyageur demande un billet de deuxième classe.

— Deuxième ? C’est là-bas, là-bas, tout au bout, crie l’employé, qui ne se dérange pas, cette fois.

Enfin, arrive le nègre Chocolat, qui sollicite modestement un billet de troisième classe.

— Le voilà ton billet, fait l’employé, et voilà, par-dessus le marché.

Et, d’un coup de pied magistral, il envoie l’infortuné Chocolat voltiger dans la direction des troisièmes.

Je trouvai qu’il y avait beaucoup de philosophie, dans ces farces des clowns, dans ces plaisanteries dont l’apparence triviale cache une leçon digne d’un maître de l’art comique.

Mais, voici autre chose. On dresse, sur la scène, des appareils de gymnastique minuscules. Sur les trapèzes, les échelles, les barres, les portiques, une troupe de chats vient se livrer à des exercices d’acrobatie, remarquablement exécutés. Et j’admire encore une fois, la patience des hommes qui ont pu discipliner et façonner à leur gré, l’animal indépendant et désobéissant par excellence, l’hôte demi-sauvage de nos maisons, le chasseur qui nous montre, dans la poursuite des souris et des oiseaux, qu’il a conservé tous les instincts féroces de son aïeul, l’habitant des bois.