C’est dire que le jour n’est pas loin où nous jetterons aussi les bases d’un établissement analogue ; où nous fonderons, pour les besoins sans cesse augmentés de nos lettrés, une bibliothèque universelle, dans laquelle les nouvelles générations pourront trouver, avec les chefs-d’œuvre des lettres chinoises, le panthéon des littératures et des sciences de tout le reste du globe habité.
LES CIRQUES
Je n’avais aucune idée de ce que pouvait être un cirque, lorsque, pour la première fois, je fus invité à passer la soirée dans une de ces salles de spectacle, inconnues à la Chine.
Aussi, ma surprise fut-elle très grande.
Au milieu d’un immense édifice circulaire, tout environné de gradins, destinés à recevoir les spectateurs, un espace est réservé aux acteurs qui vont nous divertir ; acteurs de deux espèces : des hommes, puis des animaux.
Je n’attachai pas grande importance aux exercices de prestidigitation et d’acrobatie proprement dite : j’avais vu, dans mon pays, l’équivalent de toutes ces choses.
Mais bientôt, je devins attentif à des apparitions toutes nouvelles pour moi.
Voici d’abord un cheval, monté par une écuyère. La bête, admirablement guidée par l’amazone, trotte, galope, parcourt l’arène sablée, puis s’arrête ; elle s’avance alors, à pas comptés, suivant avec une régularité merveilleuse la mesure indiquée par la musique de l’orchestre ; dansant avec la précision d’une sylphide de ballet d’opéra. Étonné, je me demandai comment on pouvait arriver à donner à un simple cheval, l’enseignement nécessaire pour développer une telle perfection de mouvements. Mais, je n’étais pas au bout de mes surprises.
La scène se transforme. Des êtres bizarrement habillés, plus bizarrement peints et coiffés, et qu’on appelle clowns, entrent et miment les épisodes qui se passent dans une gare de chemin de fer.
— Un billet, s’il vous plaît !