Mais ces savants ont dû, comme de simples étudiants chinois, vivre de la vie normale, de la vie d’intérieur, fuir l’existence excitante et fatigante des plaisirs extérieurs, et s’absorber dans leur grande passion : l’étude.

Quelle que soit la différence des climats, des méthodes et de la science elle-même, je pense que c’est par des procédés analogues, que la nature produit des savants français et des lettrés chinois.

N’est-ce pas aussi votre avis ?

XXX
Pour traduction conforme :
Tcheng-ki-tong.

LA JUSTICE POLITIQUE EN CHINE

La politique intérieure telle qu’on la conçoit en Europe, avec une foule de partis dont chacun cherche à prendre possession du pouvoir, n’existe pas en Chine.

Sans doute, nous avons eu à lutter contre des insurrections. Mais ce sont là des phénomènes toujours partiels, qui ne divisent jamais la nation entière en groupes opposés, en factions rivales. L’histoire de mon pays nous montre les luttes politiques nettement circonscrites sur le terrain dynastique.

Le grand Confucius et les philosophes de son école nous enseignent qu’une dynastie dure aussi longtemps qu’elle s’occupe du bien-être de la nation, qu’elle s’inquiète de l’agriculture, qu’elle sait réserver le trop-plein des années d’abondance pour subvenir aux insuffisances des temps de disette ; aussi longtemps en un mot, qu’elle prend les sages mesures par lesquelles le bon père de famille assure, pour le présent et pour l’avenir, l’existence de tous les siens.

Il y a, ici, un naturel et admirable accord entre la théorie et la pratique : entre les doctrines de nos sages et les faits de notre vie historique.

Toutes les fois qu’une dynastie a dû céder la place à une famille nouvelle, vous retrouverez, chez nos historiens, des plaintes, toujours les mêmes, des griefs identiques ; canaux et irrigation négligés ; agriculture délaissée ; magasins de provisions vides de réserves, misère du peuple et mécontentement général.