Quand j'avais la beauté, je m'en occupais très peu. L'éloignement du monde, l'éducation virile que j'avais reçue, m'avaient préservée de la vanité.
Mon père disait qu'aimer une personne pour son extérieur, c'est comme aimer un livre pour sa reliure. Lorsqu'il y avait quelque mort dans le voisinage: «Viens, me disait-il, viens voir ce qu'on aime, quand on aime son corps!»
Mais si fragile, si passagère qu'elle soit, la beauté n'est-elle pas un grand don?
23 août.
Ah! la tristesse de ces murs. Par moments, il me semble qu'ils suintent la tristesse et le froid. Et pourtant, j'aime cette maison où j'ai été si heureuse—chère maison où le deuil est entré pour jamais!
«Mais malheur à qui, dans le calme de son coeur, peut désirer mourir tant qu'il lui reste un sacrifice à faire, des besoins à prévenir, des larmes à essuyer!»
24 août.
Il fait un grand vent accompagné de pluie. Toutes les fenêtres sont fermées et seule devant la cheminée,
«Je regarde le feu qui brûle à petit bruit,
Et j'écoute mugir l'aquilon de la nuit.»
La voix de la mer domine toutes les autres. Les grandes vagues qui retentissent et qui approchent m'inondent de tristesse.