Allons, Trim, s'écria mon oncle Tobie, arrange vîte ma perruque à la brigadière… Poudre-là, et vergète bien mon uniforme.

CHAPITRE LXXXIX.
La lacune.

Oh! pour celui-ci, néant, je l'ai supprimé. J'ai eu les plus fortes raisons pour faire ce sacrifice. Il y a des auteurs qui gardent tout, parce qu'ils croient tout bon; moi, au contraire, j'ai déchiré ce chapitre, parce que je lui ai trouvé trop de supériorité.—Cela cause un vide de dix pages dans mon livre: mais j'aime mieux qu'on y voie cette lacune que ce que j'y avois mis.

Relation du voyage d'Yorick, de mon père, de mon oncle Tobie, d'Obadiah et de Trim.

C'est ainsi que j'avois commencé, et c'est assez de le dire.

CHAPITRE XC.
La lacune justifiée.

Ce voyage ne s'étoit point fait sans beaucoup de préliminaires sur la manière de le faire.

Nous irons dans mon carosse, dit mon père: mais as-tu songé, Obadiah, à en faire raccommoder les armes?

On ne songe pas à tout, et Obadiah n'avoit songé à rien.

Mon père étoit possesseur de ce carosse avant son mariage: son premier soin fut d'y faire ajouter l'écusson de ma mère.