C'est ce qu'il faut expliquer. Cela ne nous tiendra qu'une demi-heure; et si c'est trop long-temps pour ne pas s'ennuyer, j'avertis qu'on peut passer tout-d'un-coup au chapitre soixante-cinq. Tout ce que je dirai jusques-là n'est vraiment destiné qu'aux personnes scientifiques, ou à celles qui, à force de lire et de réfléchir, veulent se ranger dans cette caste privilégiée. Les autres n'ont besoin que de s'amuser, et elles ne trouveroient pas ici leur compte.

CHAPITRE LIV.
Les prétentions de ma Bisaïeule.

Je n'y tiens pas, disoit mon bisaïeul. Vous n'y tenez pas?… non, madame, et l'on ne s'est, peut-être, jamais avisé d'une prétention aussi folle, s'écrioit-il, en ouvrant un cahier de papier qu'il jetoit aussitôt sur la table d'un air furieux. Voyez, voyez-le vous-même. Madame, ce compte est clair. Il est démontré que tout ce que j'ai eu de vous ne consiste qu'en deux mille livres sterling. Il n'y a pas un shelling, pas un ïota de plus. Je défie à l'Arabe qui a inventé les chiffres, de calculer plus juste; et cependant vous parlez d'avoir par an un douaire qui surpasse l'intérêt de votre dot?…

J'en parle. Je fais bien plus que d'en parler; j'y insiste.

Et la raison, s'il vous plaît?

La raison?

Oui, la raison.

Vous voulez que je la dise?

Apparemment.

J'aurois voulu vous épargner ce petit chagrin; mais puisque vous m'y forcez… Enfin, monsieur, disoit ma bisaïeule, puisqu'il faut vous le dire, je répéte un douaire plus fort, parce que vous n'aviez… mais vous savez très-bien ce que vous n'aviez pas…