CHAPITRE LXXIX.
J'obtiens enfin un nom dans le monde.

C'est Trist… Trist… oui, oui, Trist… Quelque chose comme cela, dit Suzanne en entrant toute essoufflée… Trist?… répéta le vicaire en levant des yeux qui annonçoient que la mémoire faisoit un effort. Oui, Trist… dit Suzanne. Mais il y a encore quelque chose avec, sans doute, dit le vicaire? c'est Tristram? Nous y voilà, reprit Suzanne, c'est Tristramgiste… Eh non! dit le vicaire, il n'y a point de giste.

Si fait! si fait! dit Suzanne. Eh non encore! vous allez voir qu'elle va m'apprendre mon propre nom. Je vous dis que c'est mon nom. Or donc, dit-il à haute voix, Tristram ego, etc. etc. etc. etc. Et c'est ainsi que j'eus le nom fatal de Tristram, et qu'il me restera tant que je vivrai.

CHAPITRE LXXX.
Je vous mets à mieux faire.

Mon père suivit bientôt Suzanne. Il avoit son bonnet de nuit à la main, les jambes nues, sa culotte à demi-boutonnée avec un seul bouton, encore n'étoit-il passé qu'à moitié dans la boutonnière.

Je parie, dit-il en ouvrant la porte, que cette bégueule-là aura oublié le nom. Point du tout, monsieur, dit le vicaire.

Je le craignois. Et ta maîtresse, et l'enfant, comment vont-ils?

Bien mieux, monsieur, dit Suzanne…

Oui?… cela est sûr?

Quand je vous le dis?…