Mais je suppose qu'elles n'en sont pas moins belles.

Clic-clac—clic-clac.—Quel train tu fais! Comme s'il importoit à ces bonnes gens d'être avertis qu'un homme pâle et vêtu de noir a l'honneur d'entrer à Paris, vers les neuf heures du soir, conduit par un postillon en veste bleue avec des revers de calemande rouge!—Clic-clac—clic-clac.—Je voudrois que ton fouet…

Mais c'est le génie de la nation: ainsi claque, claque à ton aise.

Ah! personne ne cède le haut du pavé!—Mais si le haut du pavé est le plus sale, fût-ce dans l'école même de la politesse, comment en agiroit-on autrement?—Et je te prie, quand allume-t-on les lanternes?—Quoi! jamais dans les mois d'été!—Ah! c'est le temps des salades. On veut épargner l'huile.

Mais quelle barbarie! Comment ce fier cocher à moustaches peut-il proférer de pareilles ordures contre ce cheval efflanqué qui ne sauroit se ranger!—Ne vois-tu pas, l'ami, que la rue est si misérablement étroite, qu'une brouette pourroit à peine y tourner?—Oh! dans la plus belle ville de l'univers, il n'y auroit pas de mal que les rues fussent un peu plus larges, et que l'on eût de quoi s'y échapper de droite ou de gauche.

Ciel! que de boutiques de traiteurs! Que de boutiques de perruquiers!—Il semble que tous les cuisiniers et barbiers de la terre se soient donné rendez-vous à Paris. Les premiers auront dit: les François aiment la bonne chère,—ils sont gourmands;—allons à Paris: nous y aurons un rang distingué.

Et comme la perruque fait l'homme, et que le perruquier fait la perruque,—Sandis! ont dit les barbiers, nous y serons encore mieux traités.—Nous aurons un rang au-dessus de vous.—Nous serons au moins capitouls.—Cadédis! nous porterons l'épée.

CHAPITRE IV.
Description de Paris.

Je ne sais si c'est la faute des François ou la nôtre, s'ils s'expliquent mal, ou si nous ne les comprenons pas bien.—Mais quand il nous disent que qui a vu Paris a tout vu, il m'est évident qu'ils se trompent.—Du moins, s'ils entendent parler de ce qu'on voit à la lueur des lanternes.—Car on ne voit rien.

En plein jour la chose est différente.