Dans les âges lointains.

Tous les êtres, formant une chaîne éternelle,

Se passent, en courant, le flambeau de l’Amour :

Chacun rapidement prend la torche immortelle

Et la rend à son tour.

Aveuglés par l’éclat de sa lumière errante,

Vous jurez, dans la nuit où le sort vous plongea,

De la tenir toujours. A votre main mourante

Elle échappe déjà.

Qu’importe ! l’Humanité se perpétue ! Des ruines amoncelées sous ses pas, des pièges tendus à sa crédulité par les malfaiteurs de toutes sortes, des crimes que lui imposèrent les religions et la patrie, elle s’évade, poursuivant de jour en jour, sa marche ascensionnelle vers un siècle meilleur. Belle comme Vesper, une étoile précède la caravane en marche, illuminant les longues nuits de son hiver. Hélios a franchi le solstice de décembre. Il monte victorieusement à l’horizon. L’humanité célèbre son Noël. Féconde et réparatrice, dissipant les brumes de l’erreur et les équivoques de l’obscurantisme, comme une étoile salutaire, apparaît la Justice. Elle apporte le châtiment des fourbes, la confusion des tyrans, et la revanche des opprimés.