Quoi qu’il en soit, la Pentecôte, deuxième Pâque, passage du Printemps à l’Été, de l’Amour à la Génération, du Travail à la Richesse, occupe, entre les fêtes, un rang d’élection.

Dans le Christianisme ésotérique, figuration de l’Homme Universel, elle représente l’acquisition définitive de la Vérité par l’Esprit humain. Elle occupe une place dans les « doubles majeurs » institués, au nombre de quatre, par l’Église afin de représenter les diverses étapes que l’homme traverse, de la naissance à la mort : Noël, principe de la fixation des êtres, Pâques, glorification de l’amour et du sang, de la vie ; Ascension, triomphe de l’Esprit et du fluide nerveux. La Pentecôte se célèbre en ornements rouges (quelquefois rouge et or), tandis que la Saint-Jean, qui vient après, la Saint-Jean, fête des vieillards (pour qui, dit M. Georges Lanoë, il n’est plus de fête, sinon de regarder vivre la jeunesse, de bénir ses travaux et ses jeux) se doit célébrer en ornements violets rehaussés d’argent. Ceux de Pâques étaient blancs, afin d’accréditer la résurrection de l’Agneau : beati qui lavant stolas in sanguine Agni. A présent, les jours diminuent. Les grandes cérémonies agricoles et religieuses ont pris fin. L’herbe desséchée exhale ses derniers parfums, sous le rateau des faneuses. Le blé s’amoncelle en graines d’or sur l’aire ensoleillée. Il ne reste plus que le raisin à presser dans la cuve. L’homme a passé la première partie de son existence à préparer la vieillesse. Opulent ou misérable, inconnu ou glorieux, solitaire ou comblé d’enfants, toutes les vendanges sont à présent faites pour lui.

Désormais, assis au tournant suprême de la route il n’a plus d’autre soin que d’attendre la mort.

Les religions se transforment, naissent, vivent et meurent, comme tous les organismes, individuels ou collectifs. Mais, derrière la façade pompeuse ou ridicule, temple, synagogue, mosquée ou cathédrale, s’érige l’Église éternelle. Depuis qu’elle existe, l’Humanité y célèbre la fête éternelle du Travail, de l’Espérance et de l’Amour. Lorsque la moisson est faite, quand les « renards sont dans la dernière gerbe », le Paysan, qui nourrit le Monde, s’assied au bord du domaine fécondé par son labeur. Il écoute dans les aromes et les chansons du soir, tandis que palpite au ciel vert la première étoile, monter l’hymne antérieur à tous les cultes, cet hymne que la Terre chante au Soleil créateur, dans les nuits amoureuses de l’Été.

[P. 39.] — « Le poète s’attriste et pleure. »

Madame Ackermann. L’Amour et la Mort.

[P. 47.] — « Tels, autrefois, les saints architectes de Dvaravati… »

La Cité du bonheur. Décret de Brahma, dans l’assemblée des Dévas. Cf. Hariwansa, le divin Hari (né à l’heure de la victoire) Haritas, Charites, les Cavales du Soleil, jaunes d’aurore, les Grâces. Krishna fonde la cité Dvaravati, demeure du Bonheur, où les architectes divins, viçwakarman, sont conduits par l’oiseau Garoud’ha, cette Huppe de Nephélococcigye et de Balkis, la reine qui pose au roi Salomon des énigmes. Campanella nomme son utopie, avec une profonde intuition des mythes qu’il ignore, Cité du Soleil. La Ville aux portes. Les Portes où, dans tout l’Orient, se rend la justice. Allégorie et symbolisme chrysodéniques (terminologie de Novikow) : « L’or emplit la maison où retentissent des accents de joie. »

TABLE

Pages

Dédicace

[I]

les Saisons et les Jours

[1]

Deux Paysages :

I.

Ardennes

[51]

II.

Pyrénées

[65]

Appendice

[81]