La vie ne lui réservera que déboires. Après un bouillon rapidement bâclé, trop chaud ou trop froid, plein de grumeaux et sentant le graillon, l’affaire qui le tourmente n’aura aucune chance d’aboutir selon ses désirs.

S’il a l’impression de manger le poisson sur un évier, et le rôti sec et la salade assaisonnée avec trop de sel et trop de vinaigre, il ne peut réussir ce qu’il entreprendra le lendemain, et la nuit qui suit un dîner sans harmonie ne peut pas être heureuse.

Mais aucun des soucis que nous traînons avec nous ne résistera à l’onction d’un bon potage, au morceau de bœuf dont le sang gicle sous le couteau, au velours d’une crême simple et parfaite.

Ce n’est pas moi qui blâmerai le

célibataire qui épouse sa cuisinière. De tous les mariages de raison, celui-là est peut-être le plus raisonnable.

De la table au lit il n’y a qu’un pas et on le franchit sans effort.

Il est à remarquer que les premiers désirs des jeunes hommes vont aux cuisinières bien en chair.

L’amour des maigreurs distinguées ne vient que plus tard, mais la première impression est toujours la meilleure et la plus vraie.