Victor Hugo se distrayait à disloquer d’antiques bahuts avec lesquels il fabriquait des coffres somptueux et barbares, des cathèdres de prieur gothique, et si son intérieur était celui d’un burgrave ou d’un baron féodal du XVIᵉ siècle, il ne possédait guère que les toiles ou les bustes que lui avaient donnés Boulanger et David d’Angers.

Les terribles et noirs dessins qu’il composait après son repas, avec—dit un de ses pieux biographes—du café, du jus de pruneaux, de l’encre, de la cendre de cigare, et tout ce qui tombait sous sa main, ornaient son mur.

Balzac n’eut sans doute jamais le temps de songer à sa maison, et il écrivit son œuvre immense dans une pièce nue qu’il ne parvint peut-être jamais à meubler.

Léon Gozlan a laissé une description des Jardies à Ville-d’Avray, où l’auteur de la Comédie humaine s’était réfugié:

«Ce qu’il projetait pour les Jardies était infini. Sur le mur nu de chaque pièce, il avait écrit lui-même, au courant du charbon, les richesses mobilières dont il prétendait la doter. Pendant plusieurs années, j’ai lu ces mots charbonnés sur la surface patiente du suc:

«Ici un revêtement en marbre de Paros;

«Ici stylobate en bois de cèdre;

«Ici un plafond peint par Eugène Delacroix;

«Ici une tapisserie d’Aubusson;

«Ici une cheminée en marbre cipolin;