Il ne faut pas lui en vouloir outre mesure. Il avait sur l’œuvre de Cézanne l’opinion de ses contemporains, et on peut être un bon romancier et ne pas connaître la musique.

En 1905, trois ans après sa mort, et un an avant celle du peintre, Charles Morice publia dans une revue, le Mercure de France, son Enquête sur les tendances actuelles des arts plastiques, et voici ce que lui répondirent quelques artistes auxquels il demandait: «Quel état faites-vous de Cézanne?».

On excuse alors volontiers Zola et l’on demeure effaré. Voici ce que trouvèrent ces messieurs:

—«Cézanne est un grand artiste auquel l’éducation manque.» (M. de la Quintinie.)

—«Devant le nu, me disait un ami, il voit bossu.» (M. Ouvré.)

—«Cézanne? Pourquoi Cézanne?» (M. Fernand Piet.)

—«Rien à dire des tableaux de Cézanne. C’est de la peinture de vidangeur saoul.» (M. Victor Binet.)

—«Je me range à l’opinion de Puvis de Chavannes: l’artiste livré à son instinct ne va pas au delà de l’enfant prodige.» (M. Henri Caro Delvaille.)

—«J’estime Cézanne un agréable coloriste.» (M. Maxime Dethomas).

—«Quant à Cézanne, je n’en dis mot et n’en pense pas plus...» (M. Tony Minartz.)