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La même année, à l’occasion du Salon d’automne, la presse... d’art accabla Cézanne de ces gentillesses dont elle a d’inépuisables réserves. En parcourant les comptes rendus de cette exposition, on apprend que le maître d’Aix ignorait tout de la peinture; qu’il maçonnait ses toiles avec de la boue, pour ne pas dire plus. C’était un mystificateur; l’un, dans la Lanterne, prophétisait que les œuvres de ce raté ne feraient jamais un sou; l’autre parlait de venger la nature qu’il outrageait; tel farceur à tant la ligne criait: «Cézanne ouvre-toi,» et je retiens surtout celui qui trouvait qu’il peignait «des natures mortes avec facilité».
Seigneur! S’il l’avait vu au travail...
S’il l’avait vu pleurer, ce critique au cœur léger!
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Je ne parlerais pas d’Émile Zola, excusable de n’avoir pas compris, s’il ne s’était mêlé de défendre l’impressionnisme, et s’il n’avait pas eu de prétentions à la critique d’art.
La critique d’art de Zola!
Cézanne s’en moquait et il la définissait de quelques mots brefs: «Emile, confiait-il à M. Vollard, disait qu’il se laisserait aller à goûter pleinement Corot si, au lieu de nymphes, il avait peuplé ses bois de paysannes.» Et, se levant, le poing tendu vers un Zola imaginaire: «Bougre de crétin![D]»
Pour ce chef d’école, la peinture devait, comme la République, être naturaliste ou ne pas être.
L’auteur des Rougon-Macquart faisait seulement des commentaires à fleur d’œuvre, comme ces critiques dramatiques ou littéraires qui racontent une pièce de théâtre, un roman qu’ils résument par actes et par chapitres.