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ARTICLE TROISIÈME
DU RAPT

Le rapt, par sa nature, est une violence faite à toute personne ou à ses parents dans le but d’assouvir la passion.

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Le rapt diffère de l’adultère parce que l’adultère viole la justice d’une autre manière que le rapt. De même le viol d’une jeune fille ivre ou endormie constitue un grave péché contre la justice ; ce n’est pas un rapt mais une tromperie ; il en est de même de la corruption sans violence d’une personne qui n’a pas l’usage de la raison ou qui ignore ce genre de péché.

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On demande ce que doit faire une femme prise de force afin de ne pas être coupable envers Dieu.

Réponse. 1o Elle doit intérieurement repousser toute participation au plaisir, quelle que soit d’ailleurs la violence extérieure qui lui est faite, sans quoi elle pécherait mortellement.

2o Elle doit se défendre de toutes ses forces avec ses pieds, ses mains, ses ongles, ses dents et tous autres instruments, mais de manière à ne pas tuer ou gravement mutiler l’agresseur. Beaucoup de théologiens pensent que la vie et les principaux membres sont plus précieux que l’honneur qu’ils supposent ici n’être que matériellement atteint. Beaucoup d’autres, cependant, soutiennent l’opinion contraire par des raisons puisées dans notre Théologie morale, T. 5, p. 392, 4e édit.

3o Si elle espère qu’il puisse lui être porté secours elle doit crier et invoquer l’assistance d’autrui ; car si elle n’oppose pas les résistances qui paraissent en son pouvoir, elle semble consentir.