Ainsi donc, c’est bien entendu, les questions que l’auteur de l’Examen de conscience va poser aux enfants, il pense qu’elles pourront n’être pas assez claires, et il invite les catéchistes, les confesseurs à les bien expliquer.
Or, voulez-vous savoir quelle question pose ce prêtre, avec l’approbation de son évêque, sur ce sujet : Devoirs corporels ?
N’avez-vous pas commis d’imprudence ou de crime avant ou après la conception ?
Voilà une question que le confesseur doit expliquer à chaque jeune fille. — C’est du propre !
Je ne m’attarderai pas à reproduire les menues questions qui seraient sans intérêt : Pratiques de dévotion, Blasphèmes, Du nom de Dieu invoqué en vain, etc. — Contentons-nous d’extraire les passages qui prouvent combien chaque confession d’un enfant est pour lui une leçon d’immoralité.
VIe ET IXe COMMANDEMENTS
Sixième :
Luxurieux point ne seras
De corps ni de consentement.
Neuvième :
L’œuvre de chair ne désireras
Qu’en mariage seulement.
— Que défend le sixième commandement ?
— Il défend, non seulement toute impureté, mais, qui plus est, la seule convoitise et tout plaisir qu’on aurait à y penser volontairement.
— Que défend le neuvième commandement ?
— Il défend toute impureté, c’est-à-dire, de prendre aucun plaisir charnel, sur soi ou sur autrui, en dehors du mariage, par œuvre, par attouchements, baisers, paroles, chansons, dites ou écoutées, regards, lectures de livres impudiques ou malhonnêtes.
Misérables hypocrites ! Les premiers livres impudiques et malhonnêtes, ce sont vos Examens de conscience, messieurs les prêtres.
Continuons. Le paragraphe qui suit prouve, mieux que toutes nos affirmations, que les confesseurs se mêlent de ce qui se passe dans les alcôves conjugales.
Le neuvième commandement, en général, défend toute impureté, c’est-à-dire tout plaisir sensuel honteux, charnel, à tous ceux qui ne sont pas mariés. Ce serait cependant une grave erreur que de se croire tout permis dans le mariage. Les personnes mariées pèchent dans l’état du mariage, par suite de la crainte d’avoir trop d’enfants, par des abus dans ce qui est permis, par des désobéissances dans ce qui est ordonné. Celles dont la conscience est inquiète sur cette matière délicate DOIVENT CONSULTER LEUR CONFESSEUR (textuel).
Avis aux républicains faibles qui permettent à leur femme de fréquenter l’église : c’est monsieur l’abbé qui règle comment madame doit rendre à son mari le devoir conjugal. La jeune fille qui se prépare à la première communion sait, dès l’âge de onze ans, que, lorsqu’elle sera grande, elle devra consulter son confesseur sur la manière dont elle devra se comporter envers celui qu’elle épousera. Comment, avec cela, les fillettes élevées au confessionnal pourraient-elles devenir des honnêtes femmes ?