Continuons :
1o Pensées.
Ruminer dans son esprit, occuper son esprit de choses déshonnêtes, former dans son esprit des images d’objets ou d’actions déshonnêtes, sans la volonté de les commettre.
— 1. Avez-vous donné occasion volontaire à des pensées déshonnêtes ?
— 2. Vous êtes-vous arrêté volontairement à considérer dans votre esprit des objets ou des actions déshonnêtes, défendues ? — Combien de fois ? — Combien de temps ? — Quel était l’objet de cette pensée volontaire ? — Telle action ? telle sorte de personne ? — Quelles ont été les suites, les désordres de ces mauvaises pensées ? — Des mouvements déréglés en vous, etc. ? — Des passions violentes ?
— 3. Avez-vous repoussé ces sortes de mauvaises pensées dès que vous vous en êtes aperçu ? — Sans y prendre positivement plaisir, n’avez-vous pas été lâche à les rejeter ?
— 4. Avez-vous rappelé dans votre esprit le souvenir des péchés passés ?
2o Désirs.
— 1. Avez-vous désiré, souhaité dans votre cœur, de voir, de toucher, de faire, d’entendre, etc., quelqu’une de ces choses que le sixième commandement défend de faire ?
— 2. Avez-vous pris les moyens, fait les démarches, les efforts, quoique sans effet, pour exécuter ces mauvais désirs ?
— 3. N’avez-vous pas regretté le manquement d’exécution ? — Dites ce que vous avez désiré ; ses qualités, la vôtre. — S’agissait-il de personnes mariées ? ou parentes ? ou consacrées à Dieu ?
— 4. Quels ont été les effets de ces désirs sur votre corps ? — Pendant combien de temps vous êtes-vous entretenu de ces désirs impurs ?
Remarquons, en passant, que messieurs les curés, sous prétexte de questionner les jeunes garçons et les jeunes filles sur leurs péchés, leur demandent, d’une manière détournée, des renseignements sur les tierces personnes, à cause de qui les péchés ont été commis.
3o Actions.
— 1. Avez-vous fait des actions honteuses, impures ?
— 2. Étiez-vous seul ? — Avec d’autres ? — De même ou de différent sexe ? mariés ? parents ? ou alliés ? — Dans la crainte du déshonneur ? — Avec des bêtes ? — Dans un lieu public ou sacré ? — Combien de fois ? — Toujours avec les mêmes ? — Depuis combien de temps ? — Sous promesse de mariage ? — Quelles en sont les suites ?
4o Attouchements.
— 1. Avez-vous touché avec la main ou autrement, par plaisir et sans nécessité, des parties du corps que la pudeur veut que l’on cache ? — Sur vous-même ? — Sur d’autres de même ou de différent sexe ? — Mariés, parents, etc. ? — Sur des animaux ?
— 2. Avez-vous permis, souffert de ces criminelles et honteuses libertés ?
— 3. Les avez-vous provoquées, excitées ? — Combien de fois ? — Êtes-vous dans l’habitude ? — Depuis quand ? — Quel désordre ou accident a suivi ces actes coupables ?
5o Baisers.
— Avez-vous donné ou reçu des baisers, surtout entre jeunes gens de différents sexes, avec mauvaises intentions ? — Avec durée ? — D’une manière indécente ? — Avec danger de consentir ultérieurement aux suites impures ?
6o Paroles.
— 1. Avez-vous dit des paroles déshonnêtes, sales, exprimant clairement ces péchés, ou objets d’impureté ? ou des paroles à double entente, plus couvertes ? — En présence de combien de personnes ? — Quelles étaient leurs qualités ? jeunes ? mariées ? etc. — Ont-elles été scandalisées ?
Pour le coup, voilà une question passablement indiscrète. Il est facile de voir quel parti le confesseur peut tirer de la réponse qui lui est faite.
Quoique sans se faire nommer une personne, il se la fait d’abord désigner de la façon la plus explicite possible. Puis, suivant qu’il a des vues sur cette personne, suivant qu’il a intérêt à savoir si elle est ou non accessible, il pose cette question :
— Mon enfant, cette personne à qui vous avez dit des paroles déshonnêtes, sales, exprimant clairement un désir ou un objet d’impureté, cette personne, dis-je, a-t-elle été scandalisée ?
Supposons que la jeune pénitente réponde :
— Non, mon père, elle n’a pas été scandalisée du tout.
Le confesseur se dira, à part lui :