— Très bien, voilà une vertu facile dont je pourrai prochainement tenter l’assaut.
Le motif de ces questions indiscrètes ne peut faire aucun doute.
Continuons encore :
— 2. Avez-vous écouté avec plaisir des paroles déshonnêtes ? — Combien de fois par jour, par semaine ou par mois ? — Depuis quand dure cette habitude ?
— 3. Vous êtes-vous vanté de péchés commis en secret, diffamant ainsi les personnes dont vous avez abusé ?
7o Chansons.
— 1. Avez-vous chanté des obscénités ou des chansons avec mots à double entente ? — Devant combien de personnes, etc. ?
— 2. Les avez-vous apprises à d’autres ?
— 3. Avez-vous écouté des chansons déshonnêtes ? — Y avez-vous applaudi, etc. ?
8o Regards.
— 1. Avez-vous regardé par curiosité, par passion, des objets déshonnêtes sur vous-même ? — Sur d’autres de même, de différent sexe ? — Indiquez la qualité des personnes ; je dis toujours qualité, parce qu’on ne doit nommer personne à confesse.
Tartufes !… On ne doit nommer personne à confesse, disent-ils… Seulement, ils posent des questions comme celles-ci :
— Cette personne, à qui vous avez manifesté des désirs impurs et qui n’en a pas été scandalisée, est-elle jeune ? Est-elle mariée ? Quelle est sa qualité ? Êtes-vous parente avec elle ? Du même sexe ? Depuis combien de temps la fréquentez-vous ?
Je vous demande un peu si quand une enfant naïve a répondu à toutes ces questions, le confesseur a besoin de se faire ajouter le nom de la personne sur laquelle il s’enquiert.
De même quand il interroge une jeune fille sur le chapitre des désirs, supposez qu’il lui pose ces questions que nous avons reproduites plus haut :
— Mon enfant, avez-vous désiré dans votre cœur de faire quelqu’une de ces choses que nous défend le sixième commandement ? Dites ce que vous avez désiré, les qualités de la personne qui était l’objet de votre désir. S’agissait-il d’une personne consacrée à Dieu ?
Je suppose un jeune vicaire posant ces trois questions à une fillette qui, sans trop s’en rendre compte, aura une inclination pour lui. L’enfant rougira, surtout à la dernière des trois questions. Il faudra qu’elle réponde. Elle sera de plus en plus confuse, embarrassée. Et le prêtre possédera le secret de la pauvrette, lui aura ouvert les yeux sur le sentiment qu’elle éprouvait sans se l’expliquer ; de ce jour, le misérable sera maître de l’enfant.