Continuons toujours. Voici une question, que le confesseur, suivant l’invitation de l’auteur de l’Examen de conscience, doit avoir souvent à expliquer aux fillettes candides et pures. Quelle honte que cette question ! Quelle honte que ces explications !

— 2. Avez-vous regardé certains actes des animaux ?

— 3. N’avez-vous pas souffert, permis à d’autres des regards coupables sur vous ? — Par imprudence ou manque de pudeur ?

— 4. Avez-vous considéré des tableaux, des statues indécentes ? etc. — Des nudités ?

9o Lecture.

— 1. Avez-vous lu par curiosité ou passion, sans nécessité, des lettres d’amour, des livres impudiques, de médecine, de théologie, des romans, des livres, des chansons déshonnêtes, de sales histoires, des journaux du même genre ? etc.

— 2. Les avez-vous encore ? — Les avez-vous communiqués à d’autres ou laissés exposés à leur vue ?

10o Conservation de la chasteté.

— 1. Vous êtes-vous exposé volontairement au danger de pécher sans graves raisons, et quelles raisons ?

— 2. Êtes-vous resté volontairement dans l’occasion ? — Avez-vous aimé, recherché l’occasion prochaine du péché mortel d’impureté ? — Combien de fois ? — Combien de temps ? — Quelle est cette occasion ? — Est-ce dans la même maison que vous habitez ? — Cette occasion est-elle libre ou nécessaire ? — Avez-vous employé les moyens prescrits par votre confesseur ?

— 3. Êtes-vous resté seul à seul avec une personne de différent sexe que vous affectionnez, dans l’obscurité, hors de tout œil de surveillance, dans la maison, sur le seuil des portes ? — Avez-vous été à des rendez-vous ? — Dans des mauvaises compagnies ? — Dans les veillées où se trouvent réunis des jeunes gens des deux sexes ? — Dans des danses de nuit ou de cabaret ? — Courez-vous les fêtes le soir, les allées ou venues ?

— 4. Avez-vous eu des fréquentations pour le mariage longues, imprudentes ?

— Êtes-vous dans quelque habitude d’impureté ? — Laquelle ? — Seul ou avec d’autres ? — Depuis combien de temps ?

Etc., etc.

Quelle abomination ! Voilà comment les prêtres entendent leur sacerdoce ! Voilà les côtés secrets de la religion catholique !

M. Jules Ferry, à l’époque où il n’était pas encore ministre, a dit ceci : « La religion, c’est l’embrigadement de la bêtise humaine. » Il aurait pu ajouter : « Et le confessionnal, c’est la tanière des plus immondes cochons. »

Il faut être, en effet, — passez moi l’expression, — le dernier des saligots, pour se complaire à enseigner le vice graduellement, par menus détails, aux petits garçons et aux petites filles.

Et ils osent dire, ces hypocrites, que leur sacrement de pénitence purifie et rend plus vertueux !

Mensonge ! exécrable mensonge ! La confession n’est pas autre chose que l’école de l’impureté.

Voyez ce prêtre de Namur ; il met sous les yeux de la jeunesse un questionnaire infect, ignoble ; et, en tête de son livre, il écrit dans son avant-propos : « Sans le secours de la direction et des explications des catéchistes, cet Examen de conscience serait encore bien peu utile aux enfants. »

Il trouve qu’il n’en a pas dit assez. Il fait appel aux directeurs de conscience, aux catéchistes pour qu’ils développent ses infamies.

D’abord l’examen sommaire, les interrogations générales, conformes au livre de M. le curé et du petit catéchisme du diocèse. Ensuite, viendront les demandes précises et détaillées du confesseur, les explications compliquées, embarrassées et très minutieuses des jeunes pénitents et des jeunes pénitentes.