— Monsieur le commissaire, pas plus tard que ce matin, un de mes pénitents est venu se confesser à moi et m’a remis cette somme qu’il a dérobée, il y a quelques jours à Untel. Vous comprendrez, monsieur le commissaire, que les devoirs de mon sacerdoce sacré m’interdisent de la façon le plus absolue de vous dévoiler le nom de ce malheureux pécheur ; tout ce que je puis vous affirmer, c’est que l’infortuné était sous le coup des plus vifs remords. Aussi, je vous prie d’intercéder pour lui auprès de M. Untel afin qu’il retire sa plainte ; vous lui rendrez son argent ; et moi, de mon côté, je prierai Dieu pour que ce pécheur repentant ne succombe plus à la tentation.
Ce n’était pas plus malin que cela. L’affaire s’arrangeait à l’instant ; les volés étaient heureux de rentrer en possession de leur bien ; on soupçonnait Pierre, Paul ou Jacques ; mais en revanche, monsieur le curé se faisait une réputation exceptionnelle de probité.
Malheureusement pour le saint homme, il abusa un peu trop du procédé ; si bien que dans une affaire assez grave qu’il n’était plus temps d’étouffer, un substitut incrédule persista, malgré la restitution, à faire son enquête ; ce qui amena la découverte du pot-aux-roses, et la condamnation de monsieur l’abbé Cameigt à sept années de réclusion. Le procès a été jugé tout récemment par la cour d’assises de Perpignan.
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Les curés, du reste, sont connus pour être forts pour encaisser, mais durs à la détente. On voit pas mal de monacos entrer chez eux, mais on n’en voit pas beaucoup sortir.
Tenez, j’ai encore entre les mains un petit travail écrit par un ecclésiastique, qui traite la question de la confession, et je vous certifie que M. le théologien ne conseille pas du tout, mais là pas du tout, de restituer l’argent mal acquis.
Ce traité de la confession est l’ouvrage d’un de nos contemporains. L’auteur vit encore, puisque le journal qui les publie au fur et à mesure n’en est qu’à sa quatrième année d’existence.
Ce journal est rédigé spécialement pour les prêtres et par des prêtres.
Voici son titre :
Le Journal du Presbytère, fondé et rédigé d’après le programme des assemblées catholiques, organe des congrégations religieuses, des pèlerinages, des cercles catholiques et de toutes œuvres pies. Nouvelles et Instructions religieuses. Paraissant tous les jeudis : bureaux et administration du journal, 4, rue Chauchat, à Paris.