Ah ! mon frère, je suis certain que vous ne vous doutez pas de la gravité de ce péché, et je suis persuadé que si vous l’aviez connue, vous n’auriez pas commis de si vilaines actions. Écoutez-moi dans l’intérêt de votre vie : vous savez bien que personne, pour son plaisir ou par caprice, n’a le droit de tuer son prochain ni de se suicider ; vous savez que personne n’est autorisé à disposer de sa vie. Donc, quand vous vous livrez à cette vilenie, vous tuez et vous détruisez en germe ce qui pourrait devenir une créature, un de vos enfants. Quelle barbare action ! Que diriez-vous d’un père qui, pour son plaisir, mettrait à mort ses enfants ? Qu’il se rend coupable de cruauté. Ne mériterait-il pas d’être brûlé vif ? Eh bien, vous êtes ce père cruel, inhumain, barbare, qui, par plaisir, tue ses enfants. Si l’auteur de vos jours eût agi comme vous, bien certainement vous n’existeriez pas et vous n’auriez ni ce corps ni cette vie dont vous faites un si mauvais usage.
Autre préjudice que vous causez à vos enfants et à la société par ces honteuses habitudes. Autre comparaison pour faire ressortir la chose : supposez qu’un individu ait à sa disposition un sac de très bonne farine et une barrique de vin de qualité supérieure qu’il ne devrait consommer qu’en temps opportun. Mais, par caprice, cet individu a jeté à terre et répandu toute la fleur de sa farine et il ne lui est resté que les résidus au fond du sac. Quel mauvais pain il obtiendra de ces résidus ! Il a, de même, laissé couler et gâter le vin généreux, et il ne lui est resté que la lie. Quelle mauvaise boisson il aura pour sa consommation ! Faisons actuellement l’application de l’argument. Vous êtes cet individu auquel le Créateur a donné ce vin généreux de l’amour, pour le boire, quand vous serez marié, en compagnie de votre bien-aimée femme ; mais comme vous avez dépensé vos forces dans les plaisirs déshonnêtes et les folies, vous resterez avec la lie.
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Dites-moi, mon frère, si on vous offrait une boisson douce et agréable ou un plat de quelque mets savoureux, tout à fait de votre goût, mais si, en même temps, une personne dans laquelle vous auriez confiance vous disait : « Prenez garde ! ne touchez pas à cette boisson ni à ce mets qui vous sont présentés, car ils sont empoisonnés. » Que feriez-vous ? Voudriez-vous les prendre ? Assurément, vous refuseriez d’y toucher. Eh bien ! vous ne devez pas davantage porter à vos lèvres cette coupe d’impureté, si douce et agréable que vous en paraisse la liqueur qu’elle contient, car cette liqueur est un poison pour votre corps et pour votre âme.
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Perturbation qu’apporte la luxure dans les régions de l’âme.
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« L’onanisme ou masturbation ou branlement à l’aide de la main s’appelle aussi pollution ; c’est un vice honteux qui exerce de grands ravages parmi la jeunesse actuelle et qui est assez connu de tout le monde ».
I. Masturbation chez les hommes. — Ce vice provient quelquefois, chez les enfants, d’une cause intrinsèque, à savoir, d’un système nerveux ou des prédispositions des organes de la génération. Les enfants de cette catégorie contractent ce vice sans qu’on puisse l’attribuer à aucune cause apparente ou à la suite d’attouchements qu’ils pratiquent sur eux-mêmes. D’autres fois le vice est dû à une cause extrinsèque, par exemple, lorsque ces enfants sont touchés, masturbés par d’autres enfants, par des femmes et même par leurs mères, oh ! impudeur maudite ! lorsqu’elles veulent arrêter leurs larmes, quand ils pleurent ; et elles excitent de cette manière chez les enfants ce goût funeste. D’autres fois encore le vice est amené par des attouchements mutuels, les enfants se prenant de passion pour d’autres enfants.
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