II. Masturbation chez les femmes. — L’humeur qui provient des pollutions, chez les femmes, est tout à fait différente du sperme produit par l’homme, car elle ne coopère en aucune façon à la conception. — Ce vice, chez les femmes, est une offense à Dieu, une injure pour la femme elle-même et pour la société. Celles qui y sont adonnées s’éloignent du commerce des hommes et ne se marient pas. — Ce vice, chez les femmes, est tout particulièrement libidineux et leur occasionne une grande faiblesse sous un double rapport, par la déperdition de l’humeur et par l’ébranlement qu’il imprime au système nerveux, comme cela peut se remarquer chez les enfants qui ne sécrètent point de sperme. — Les femmes deviennent sujettes à toutes les maladies et meurent misérablement, suivant ce principe médical : « L’homme périt par les mêmes organes qui servent à sa reproduction. » Les filles, même celles de l’âge le plus tendre, qui se livrent à ces actions honteuses, peuvent laisser échapper un flux d’humeur, d’après l’axiome : « Où existe le stimulant, là se produit l’écoulement. »
CHAPITRE III
CONSEILS AU CONFESSEUR SUR LA CONDUITE QU’IL DOIT TENIR A L’ÉGARD DE CEUX QUI SONT ADONNÉS AU VICE ET PARTICULIÈREMENT A L’ÉGARD DES FEMMES QUI SE LIVRENT A LA MASTURBATION.
Le confesseur devra leur parler avec douceur et affabilité ; il engagera sa pénitente à lui révéler sans rien lui cacher tout ce qui charge sa conscience. Il l’écoutera avec calme ; il évitera de montrer de la curiosité et de témoigner le désir d’apprendre ces sortes d’impuretés ; il ne manifestera pas son étonnement au sujet des choses qui lui sont révélées, quelque abominables qu’elles puissent être. Du reste, je puis dire au confesseur qu’on ne lui apprendra rien de nouveau, puisque nos livres contiennent tous les cas imaginables, et il en connaît beaucoup plus sur la matière que sa pénitente. Cette manière de procéder les encouragera à faire des aveux.
Le confesseur n’interrogera pas tout d’abord sur le fait principal, mais seulement sur les accessoires. Au lieu de questionner sur le péché que la pénitente aura commis, et qu’elle n’ose pas expliquer, il lui dira : Combien de fois l’avez-vous commis ? Si la pénitente hésite à répondre, et si au milieu de la surprise qu’elle éprouve, elle laisse connaître qu’elle a en effet commis le péché, le confesseur lui demandera si elle l’a commis un nombre de fois beaucoup plus grand qu’elle ne l’avait cru. Alors la pénitente voyant son vice deviné, elle dira combien de fois elle a péché. Le confesseur n’attendra pas qu’elle ait achevé de s’expliquer sur le nombre et la gravité des péchés, il lui parlera comme s’il voulait trouver une excuse à ces fautes et lui dira : Assurément vous n’auriez pas fait de telles choses si vous n’y aviez été sollicitée par d’autres personnes. La réponse fera connaître si la pénitente a des complices. Le confesseur sait ainsi qu’elle a péché contre la pureté et que le péché a été commis avec une autre personne. Il lui sera facile de demander ensuite avec quelle personne la chose s’est faite, et d’amener la pénitente à s’expliquer sur la nature et le nombre de péchés commis contre la pureté.
CHAPITRE IV
EXHORTATIONS AUX FORNICATEURS.
Ah ! mon frère, songez combien le vice de l’impureté mérite d’être maudit, puisque non seulement il fait condamner aux peines de l’enfer celui qui le commet, mais encore, celui qui en est infecté devient l’esclave du démon et l’instrument de la perdition d’autres âmes, comme vous en avez fait l’expérience. Vous voyez que l’ennemi du genre humain s’est servi de vous pour entraîner au péché et à sa perte cette malheureuse femme qui est à vos côtés.
Dites-moi, femme, avez-vous péché contre l’impureté quand vous étiez jeune fille ? — Je ne sais pas au juste, je crois que non. — Eh bien, malheureuse ! voyez quel gros péché vous avez commis. Il vous a fait perdre la grâce, l’honneur, les biens de ce monde et les trésors de l’éternité ; peut-être que, bientôt, vous vous livrerez à une vie coupable, et le démon se servira de vous comme d’un appât, pour pousser les âmes dans les enfers. Car c’est ce qui arrive à beaucoup de femmes ; après être tombées dans le péché, elles s’abandonnent à tous les excès d’une vie dissolue : vous aurez à répondre au tribunal de Dieu des péchés que vous aurez commis et de ceux que vous aurez fait commettre. Quel scandale vous avez donné ! C’est de vous que Jésus-Christ a voulu parler quand il a dit : il eût été préférable qu’on lui eût attaché une meule de moulin au cou et qu’on l’eût précipité au fond de la mer.
Excuse. — Mon père, la personne avec laquelle j’ai péché était une femme publique. — Ah ! mon frère, la qualité de la femme ne peut être invoquée pour excuse, pas plus que vous ne pourriez vous justifier d’avoir frappé à coups de couteau une personne en prétextant qu’elle était déjà atteinte de plusieurs blessures.