… — J’avouerai cependant, écrit-il, qu’il n’y a pas péché mortel à refuser le devoir pour ce motif, quand il n’y a pas danger d’incontinence dans l’autre époux, et que les parents ne peuvent nourrir tant d’enfants. En effet, un grand inconvénient excuse de l’obligation de payer les autres dettes de justice, et personne n’est tenu de restituer à son grand détriment. En outre, l’époux n’est pas tenu de rendre le devoir, s’il y a crainte probable de danger ou de détriment pour les enfants déjà nés ; danger qui serait cependant vraisemblable, si des parents destitués des moyens de nourrir plus d’enfants augmentaient leur famille… Bien plus il n’y aura pas même faute vénielle à refuser le devoir dans ce cas. (Liv. IX, disp. 25, no 3.)
Nous croyons que cet avis de Sanchez n’est pas sûr dans la pratique.
§ IV
DES ÉPOUX QUI PÈCHENT MORTELLEMENT EN RENDANT LE DEVOIR CONJUGAL
1o On pèche mortellement à rendre le devoir conjugal lorsque la pétition se fait dans un lieu sacré ou public, ou devant les enfants et domestiques (ce qui n’arrive guère), ou avec danger d’avortement, ou grave danger pour la santé de l’un ou de l’autre, ou avec le danger évident de répandre le sperme hors du vase, quand le coït pourrait se faire autrement ; ou en s’accouplant d’une façon hors nature, sodomique, etc. Il est certain que dans tous ces cas, celui qui rend le devoir pèche aussi mortellement, parce qu’il participe au crime et en contracte la malice.
2o Ce serait également une faute mortelle que de rendre le devoir à la partie atteinte d’une impuissance perpétuelle.
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3o … Si l’homme était tellement décrépit, etc. (suit une citation de Bouvier, que nos lecteurs trouveront [à sa place] dans nos extraits des Diaconales.)
4o On demande si l’on peut, sans péché mortel, rendre le devoir à celui qui le demande, bien qu’il ait fait vœu de chasteté ou qu’il se propose un but criminel.
Les uns prétendent qu’il y a péché mortel… les autres, au contraire, prétendent, — et c’est le plus grand nombre, — que la partie peut rendre le devoir.