2o Les époux pèchent mortellement, quand, comme nous le verrons mieux plus bas, ils excitent volontairement une semblable effusion, ou même commencent d’une façon sodomitique le coït avec l’intention de le consommer selon les règles ; car un tel acte, désordonné, tendant de soi à l’effusion hors du vase, doit être considéré comme une sodomie commencée. C’est l’avis de Sanchez, S. Liguori, Bouvier et beaucoup d’autres. Il faut ajouter que généralement les époux pèchent mortellement, s’ils ne rougissent pas d’exercer des actes très honteux et répugnant gravement à la nature et à l’honnêteté (tels que la masturbation labiale, etc.)

3o De même pèchent mortellement les époux qui de quelque façon que ce soit empêchent la génération, ou s’exposent, comme dit Collet, au danger de rejeter le fœtus par voie d’avortement, ou de le blesser gravement.

4o L’homme pèche mortellement, dit encore le savant Collet, quand il se retire et ne consomme pas l’évacuation de la semence dans le vase. De même la femme si elle élimine à dessein la semence ou s’efforce de l’éliminer, ou répand à dessein sa propre semence.

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Saint Antonin, saint Liguori, etc., etc., affirment qu’il n’y a pas péché mortel, si la copulation une fois commencée, les époux arrêtent l’effusion, c’est-à-dire, si avant l’effusion, l’homme se retire du consentement de la femme, pourvu qu’il n’y ait pas danger d’effusion au dehors du vase, ou de pollution chez l’un ou l’autre époux. Plusieurs autres, comme les RR. PP. Navarre, Ledesma, Azor, etc., pensent qu’il y a alors péché mortel, parce qu’on empêche la génération pour laquelle la copulation est faite, et qu’ainsi l’acte conjugal est frustré de sa fin essentielle, qui est la génération.

Saint Liguori demande au cas où l’homme a déjà éjaculé : si la femme pèche en se retirant ou si l’homme pèche mortellement en n’attendant pas la sémination de la femme.

Voici notre réponse : la quasi-spermatisation de la femme ne paraissant pas nécessaire à la génération, nous ne voyons pas trop la solidité des raisons qu’on apporte en faveur du péché mortel, parce que la matière qui forme la spermatisation de la femme n’est point une véritable semence, mais de simples mucosités vaginales et utérines… La femme, d’après tous les physiologistes modernes de l’Europe et du monde entier, est incapable d’une véritable sécrétion séminale ou spermatique ; elle n’a point d’organe spécial pour cela. Elle fournit seulement l’ovule ou le germe qui vient de l’ovaire, plus ordinairement une certaine quantité de mucosités ou d’humeurs lubréfiantes, qui sont l’effet de l’organisme érotique et qui sont propres à faciliter ou à compléter l’acte conjugal, mais qui ne paraissent pas du tout essentielles à la fécondation.

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De ce fait d’union sexuelle accomplie du côté de la femme avec dégoût, répugnance, une sorte d’horreur, malaise et souffrance physique, il s’ensuit que, dans ces cas de coïts froids et insensibles, il n’y a point de sémination prolifique dans le sens que l’entendent les théologiens, parce que, dans un tel acte, il est physiologiquement impossible qu’une effusion de sperme s’accomplisse sans sensation érotique ou voluptueuse de la part de la femme, comme du côté de l’homme. Donc la sémination féminine n’est pas nécessaire à la conception, puisque celle-ci peut s’accomplir sans elle par le seul fait de la sémination virile.

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