Les théologiens demandent :
Est-il permis à la femme, quand l’homme s’est retiré après la sémination, de s’exciter aussitôt elle-même par des attouchements à sa propre éjaculation pour se procurer un soulagement nécessaire ?
Réponse : Nous pensons que cela n’est pas permis à la femme, parce que cette action solitaire n’a plus aucun but physiologique dans l’ordre de la procréation ni aucune relation avec l’acte conjugal, et que ce serait une véritable masturbation. Quant au soulagement ou au besoin à satisfaire, nous n’y voyons d’autre remède que la prolongation de l’acte ou un autre acte plus complet et plus normal. Les théologiens qui pensent comme nous apportent pour raison que la semence de la femme n’est pas nécessaire à la génération, et que cette effusion de la femme, étant un acte séparé, ne fait plus une seule chair avec l’homme. Saint Liguori ajoute : Si on le permettait aux femmes, il faudrait aussi le permettre aux hommes, dans le cas où la femme se retirerait après sa sémination, et où l’homme resterait en état d’irritation. (Livr. 6, no 219.)
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« Quoique la semence de la femme, dit Sanchez, ne soit pas nécessaire à la génération, cependant elle aide beaucoup à la rendre plus facile… Il n’est pas nécessaire que les deux époux sèment ensemble. C’est pourquoi pendant que l’homme sème, il n’est pas du tout tenu à attendre l’effusion de la femme. La preuve en est que Galien et d’autres enseignent que la semence de la femme n’est pas nécessaire, et ne concourt pas activement à la génération, etc. » Un grand nombre d’auteurs sont ici cités enseignant tout ce que Sanchez vient d’établir, à savoir que la semence de la femme n’est pas nécessaire à la génération… Sanchez ajoute : « et beaucoup d’autres, et toute l’école des théologiens (excepté les disciples de Scot) »… Ce qui le prouve encore, c’est que d’après l’expérience les femmes conçoivent même malgré elles, en recevant dans le bain la semence virile (ce qui est fabuleux et faux) ; car alors elles ne sèment en aucune façon, autrement elles ne pourraient pas ressentir une très grande délectation vénérienne… Donc, puisque la génération a lieu sans cette semence, même lorsque la sémination a lieu après le coït, il n’y a aucun précepte qui oblige à semer en même temps. On ne peut faire valoir contre cette conclusion que cette sémination simultanée est plus favorable à la génération. Parce que les époux ne sont pas tenus à choisir la voie la plus convenable et la plus favorable à la génération, mais il leur suffit de ne point s’y opposer.
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Les époux pèchent mortellement, s’ils s’accouplent avec une affection adultère et fornicatrice, c’est-à-dire, si l’homme en voyant son épouse désire et ait l’intention de s’accoupler avec une autre femme qu’il se représente ; il en est de même de l’épouse, quand elle songe à un autre homme. Tous les deux commettent l’adultère dans leur cœur. Il n’y a rien de plus honteux, dit saint Jérôme, que d’aimer une épouse comme une adultère. De même ils pèchent mortellement s’ils exercent le coït pour une fin gravement mauvaise, par exemple, pour faire mourir la femme en couches.
Les époux pèchent encore mortellement s’ils se livrent au coït devant témoins, à cause du grand scandale ; ils doivent donc prendre garde que d’autres personnes ne couchent dans leur chambre. Les pauvres et les paysans qui n’ont souvent qu’une seule chambre à coucher pour eux, leurs enfants et leurs domestiques, doivent veiller attentivement, le jour et la nuit, à ce que, en usant de leurs droits, ils ne soient pas pour les autres une occasion de scandale.
§ III
DES ATTOUCHEMENTS ENTRE ÉPOUX