1o … Tous baisers, attouchements, embrassements, regards, entretiens obscènes entre époux, en dehors du danger de pollution et dans les limites de l’honnêteté naturelle, sont licites, s’ils se font dans l’intention du coït ; ce ne sont que des péchés véniels, si l’on s’y arrête, sans se proposer le coït. J’ai dit : dans les limites de l’honnêteté naturelle, parce que cette indulgence n’est donnée aux époux, qu’en tant que les actes susdits sont ordonnés selon la nature et la droite raison en vue d’un coït naturel et humain ; et ils sont plus ou moins peccamineux selon qu’ils s’écartent plus ou moins de ces limites. Les époux transgressent gravement ces limites quand ils commettent quelque acte sodomique, ou en agissant avec le danger de la pollution ; hors de ces deux cas, quelque honteux que soient les actes, ils ne paraissent pas excéder le péché véniel (De la luxure, dissert. 6, art. 19).

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En dehors de ces deux cas, tous les actes honteux ne semblent pas excéder le péché véniel, dit aussi Sanchez.

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Les actes tendant à un coït légitime, sans danger de pollution, sont sans aucun doute licites, ce sont comme les accessoires du coït ; la copule étant licite, ils ne peuvent être illicites. Si cependant ils se faisaient en vue d’une plus grande délectation, quoique tendant au coït, ce serait des péchés véniels, à cause de la fin véniellement mauvaise. Mais s’ils étaient gravement opposés à la droite raison, quoique faits en vue du coït, ils seraient des péchés mortels ; car des époux chrétiens ne doivent pas agir comme le cheval et le mulet qui n’ont pas d’intelligence (Ps. 31, 11) ; mais chacun doit posséder son vase dans la sanctification et l’honneur, non dans la passion du désir, comme les païens qui ignorent Dieu (1re épître aux Thessal. 4, 4).

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D’après l’opinion la plus commune et la plus vraie, dit saint Liguori, il n’y a pas péché mortel dans les attouchements et regards déshonnêtes entre époux pour le seul plaisir, sans rapport à la copule, pourvu qu’il n’y ait pas danger de pollution. « La raison en est que l’état conjugal, de même qu’il légitime la copule, légitime aussi ces actes et regards ; car autrement, la société entre époux étant si étroite, et comme ils ne peuvent si souvent s’accoupler, ils seraient exposés à de continuels dangers, si de tels actes étaient gravement illicites. »

De tout ce qui précède, il résulte que les attouchements exercés entre époux sont péchés mortels s’ils sont accompagnés du danger prochain de pollution, car cette contamination corporelle n’est pas moins criminelle chez les gens mariés qu’elle ne l’est dans les personnes libres.

2o Maintenant, toute la question controversée par les théologiens se réduit à ceci : les actions déshonnêtes sans danger prochain de contamination corporelle et sans intention ni relation à l’acte conjugal sont-elles entre époux péché mortel ou véniel ?

Plusieurs auteurs, entre autres saint Antonin, Sylvester et quelques autres auteurs encore cités par Sanchez affirment qu’il y a péché mortel parce qu’elles tendent essentiellement à la pollution, par cela seul qu’elles ne se rapportent pas à l’acte conjugal ; car, ajoutent-ils, tout acte vénérien qui ne se rapporte pas à l’acte conjugal est péché mortel.