Henri a été nominalement frappé d’excommunication majeure. Sa femme demande si elle est obligée de lui rendre le devoir ?
Réponse. Dans aucun cas ni sous aucun prétexte, elle ne doit, elle, provoquer son mari à l’acte vénérien. Quant à se prêter à ses exigences, les opinions des théologiens sont partagées. S. Augustin pense que la femme d’un impie frappé directement et personnellement d’excommunication majeure doit se séparer tout à fait de son mari et par conséquent lui refuser le devoir conjugal. S. Bonaventure et S. Thomas pensent au contraire que la censure ne dispense pas des devoirs imposés par la loi naturelle. La question n’a été encore tranchée par aucun concile. Innocent III a proposé un moyen terme : la femme d’un homme atteint nominalement d’excommunication majeure doit rendre le devoir à son mari quand il l’exige d’une façon formelle ; mais elle ne peut, sans tomber dans le péché, participer au plaisir de l’acte vénérien, c’est-à-dire qu’elle doit le subir d’une manière complètement passive et, par tous ses efforts, dégager son esprit de l’accouplement auquel elle n’a pu se soustraire. (De Sent. excomm., ch. 31).
Julie, catholique, a épousé Baptistin, calviniste, avec stipulation expresse qu’il lui serait loisible de faire baptiser et élever dans l’Église catholique les enfants qui naîtraient de leur mariage. Cependant, Baptistin a fait baptiser le premier au Prêche et le fait élever dans l’hérésie. Julie demande si elle ne peut pas refuser à l’avenir le devoir, pour n’avoir pas le déplaisir de mettre au monde d’autres enfants qui seront un jour des hérétiques et par conséquent des réprouvés ?
Réponse. Julie doit se plaindre fortement à Baptistin de sa mauvaise foi. S’il promet sérieusement de se corriger, elle fera une nouvelle épreuve. Mais, s’il lui déclare qu’il ne veut pas tenir sa promesse, ou que la lui ayant renouvelée, il continue à la violer, Julie est en droit de refuser le devoir à Baptistin, pour la raison marquée dans l’exposé.
LES DIACONALES
MANUEL DES CONFESSEURS
PAR
Mgr BOUVIER
Évêque du Mans[3]
[3] Sur la page en regard du titre on lit :
AVIS ESSENTIEL