« L’Église aura une crise affreuse… Expulsion des curés de leur presbytère, des évêques de leurs palais, poursuit la voyante ; fermeture et confiscation des églises ; massacres du clergé pires que sous la Terreur. Beaucoup seront tués par vengeance personnelle ; ceux qui auront faibli ne seront pas épargnés ; le projet des maçons est de faire pécher les consacrés avant de les tuer ! je vis que ces morts violentes étaient, en très-grand nombre, tout autre chose que le martyre ; que c’était la réalisation, dans toute son horreur, du mot « Malheur ! » de l’Écriture… Vous ne voulez pas du Message de la Miséricorde, vous repoussez la main tendue ; il n’y a plus rien à faire : Dieu abandonnera les hommes à eux-mêmes… Ce sera le temps des ténèbres. »[47]

[47] Une tradition porte que la France, après de longues iniquités, à une époque qui ressemble à la nôtre, se réveillera, un matin, sans voir se lever le soleil. Plusieurs jours durant, elle demeurerait dans les ténèbres au milieu desquelles des spectres, sortis de l’enfer, viendraient tourmenter les vivants.

Il existe une prédiction analogue de la Vénérable Anna-Maria Taïgi, morte en 1837.

XX
La femme courbée 18 ans, figure de la Salette. Marie parle. Jésus ne parlera donc plus ? L’Immaculée Conception couronnée d’épines, stigmatisée. Lourdes et la Salette.

Il y a dans saint Luc, évangéliste de Marie, un récit qui ne pourra jamais être lu avec assez d’attention et de respect :

« Jésus enseignait à la synagogue un jour de sabbat. Vint une femme qui avait, depuis dix-huit ans, un esprit d’infirmité. Elle était inclinée, et ne pouvait absolument pas regarder en haut. Jésus, l’ayant vue, l’appela et lui dit : « Femme, tu es délivrée de ton infirmité. » Et il lui imposa les mains. Aussitôt elle se redressa et elle glorifiait Dieu. »

Il ne faut pas se lasser de redire que l’Évangile, aussi bien que l’Ancien Testament, est essentiellement parabolique, figuratif, prophétique, l’Esprit-Saint n’ayant jamais parlé autrement. Alors, qui est cette femme, possédée, dix-huit ans, d’un esprit d’infirmité ? Je ne vois que Marie pour identifier une telle figure.

O Marie ! Ma Dame de Compassion ! que venez-vous faire ici ?

C’est, en effet, le jour du sabbat, samedi, veille de vos Douleurs[48]. Voilà précisément dix-huit siècles bien accomplis que vous êtes courbée et muette, l’Époux qui vous possède bienheureusement étant lui-même, quoique Dieu, — par mystère impénétrable — un Esprit d’infirmité et de courbature, jusqu’à l’heure merveilleuse où Il nous enseignera toutes choses. Pendant dix-huit siècles vous avez gardé le silence, après avoir parlé six fois[49] seulement dans les Évangiles ! A la Salette enfin, et pour la septième fois, vous parlez avec une autorité si souveraine qu’après cela il ne peut plus y avoir que le jugement universel et la combustion des mondes. Vous parlez ainsi parce que Jésus vous a délivrée, c’est ce que je lis dans l’Évangile, et vous glorifiez Dieu comme nul autre ne le pourrait faire. Cependant ce n’est pas encore votre victoire, puisque voici le « chef de la synagogue » suivi de beaucoup de prêtres qui s’indignent ensemble de ce que Jésus ait fait ce miracle un jour de sabbat, c’est-à-dire qu’il vous ait donné d’être leur juge. Il est étonnant, ce chef des « hypocrites » qui vous prend vos propres paroles, ô Mère de la Parole, pour condamner votre Fils en vous méprisant : « Il y a six jours pour travailler, dit-il… » L’Esprit-Saint est tellement uni à son Épouse que, si on savait lire, on trouverait la Salette à toutes les pages de l’Évangile.

[48] On sait que l’Apparition eut lieu un samedi, le 19 septembre 1846, veille, cette année-là, de la fête de N.-D. des Sept-Douleurs, et à l’heure des premières vêpres. C’était aussi le dernier jour des Quatre-Temps de septembre. Le matin même, la grande Liturgie fériale avait lu ces paroles du Lévitique : « C’est le jour très-fameux des Expiations et il sera appelé Saint… C’est le jour de propitiation pour vous réconcilier au Seigneur. Toute âme qui ne se sera pas affligée en ce jour périra. » Et bientôt après, à l’Évangile, ô miracle ! l’histoire, précisément, de la Femme courbée depuis dix-huit ans, redressée par Jésus et glorifiant Dieu !!! Missel romain.