Il arriva enfin qu’un jour — il n’y a pas bien longtemps — ayant lu, dans un de mes livres, quelques pages où je m’étais efforcé de glorifier Notre Dame de la Salette, il vous parut que je pouvais bien être l’écrivain que vous aviez espéré. Nous nous connûmes alors et votre impression, loin de changer, devint plus précise.
Encouragé par vous, voyant en vous un ambassadeur de Marie, qu’avais-je mieux à faire que d’obéir ? Il ne me fallait pas moins pour affronter les difficultés et les amertumes inhérentes à un tel sujet.
La Salette est encore, après soixante ans, la Fontaine de Contradiction dont il est parlé dans le Saint Livre, et ceux qui l’aiment sont appelés à souffrir.
Faites-le passer à tout Mon peuple, avait dit aux Bergers la Mère de Dieu, leur ayant annoncé la Grande Nouvelle.
Alors je vous dis : Faites passer mon livre aux pauvres. Vous m’entendez bien. Je parle de ce troupeau douloureux à qui personne ne pense et qui ne fait pitié à personne : les généreux qui ne connaissent pas la Vérité, les belles âmes vagabondes qui auraient besoin d’un asile de jour…
« Misereor super turbam », disait Jésus. Ayez pitié de cette troupe qui meurt de soif au bord des fleuves du Paradis.
Nativité de Marie, 8 septembre 1907.
Léon BLOY.
DÉCLARATION DE L’AUTEUR
En ma qualité de catholique, je déclare me soumettre entièrement à la doctrine de l’Église, aux règles et décisions du Saint-Siège, notamment aux décrets des Souverains Pontifes Urbain VIII et Benoît XIV, concernant la canonisation des Saints.