— Éminence, vous ne savez pas que les Religieuses sont comme cela avec Mélanie ?

En disant ces paroles, il mit ses deux index l’un vis-à-vis de l’autre, en les faisant battre.

Alors je dis :

— Je n’ai jamais parlé avec les Sœurs qui sont là-haut. Comment pouvons-nous être en désaccord. Je l’ignore.

Son Éminence me demanda ce que je pensais de ce que venait de dire Monseigneur de Grenoble.

— Je me soumets en tout aux décisions de la Sainte Église !

Je compris bien, après, que j’aurais dû dire : « aux décisions du Saint-Père ». Ma bévue a été grande.

Monseigneur, désireux de savoir pourquoi les prélats qu’il avait achetés comme avocats n’étaient pas venus, s’en alla, et, restée seule, je témoignais de mon étonnement, au cardinal Ferrieri, de la solennelle rébellion de Mgr Fava contre la décision du Saint-Père. Il me dit :

— Que voulez-vous, les Évêques français sont tous des Papes ! Nous sommes obligés de les ménager pour ne pas occasionner un schisme. Ils ne sont pas Romains Papistes. Nous les supportons pour éviter un plus grand mal… Ah ! si vous saviez combien nous avons à souffrir de leur part.

Pour faire comprendre ce qui suit de la relation du Congrès, je dois dire que, depuis quelques mois, deux ou trois bons prêtres, désireux de se dévouer à l’œuvre des Apôtres des Derniers Temps, vivaient en communauté dans le premier étage du même palais que nous. Nous habitions le second étage, dans une autre aile du palais. — Il est bien, il me semble, inutile de dire que tout se faisait avec la bénédiction de Mgr Pétagna, de glorieuse mémoire. — Et pendant deux ou trois ans, j’ai payé le loyer de cet étage, avec les subsides que j’avais reçus pour la fondation de cette œuvre de la Mère de Dieu.