Ces bons Pères vivaient dans la retraite, la pénitence, la prière et l’étude sacrée. Ils ne montaient chez nous que pour les repas. — Un de ces Pères vit encore : on peut le consulter si on a quelque doute. — De tout cela je n’avais rien dit, ni rien laissé suspecter à l’Évêque de Grenoble, lorsqu’il vint chez moi à Castellamare di Stabia ; mais je pense que le fin Père Berthier ne perdait pas son temps, pendant que je m’entretenais avec Mgr Fava, et qu’il aura fait des questions aux personnes de la maison, et aussi à d’autres personnes qui, avec la meilleure bonne foi, l’auront mis en lumière. C’est pourquoi Mgr Bianchi, dès que le cardinal Ferrieri eut terminé et qu’il se levait de son siège, dit :
— N’est-ce pas, Éminence, qu’il ne faut pas élever autel contre autel ? On dit que Mélanie a des prêtres, tandis qu’il y a les bons missionnaires sur la montagne de la Salette : elle élève autel contre autel.
— Oh ! non, dit simplement son Éminence.
Et je dis :
— Je ne crois pas, Monseigneur, élever autel contre autel. Les Pères de la Salette sont missionnaires de la Salette, tandis que ceux d’Italie sont les missionnaires de la Mère de Dieu, et ils observent sa Règle.
— C’est mal, c’est mal, il ne faut pas faire cela, dit Mgr Bianchi.
Et nous nous séparâmes : le Congrès prit fin.
En sortant, je retrouvai mes compagnons dans l’antichambre. Ils me racontèrent les vives instances du Père Berthier pour assister au Congrès, comme avocat de Mgr Fava, ainsi que la fâcheuse mine de ce dernier, quand, en entrant, il ne trouva pas les Évêques qu’il avait invités. Par deux fois il demanda si un tel et un tel Évêque n’était pas venu. On lui répondit que beaucoup d’Évêques étaient venus, mais n’étaient pas entrés. Comme s’il eût été furieux, il avait repris :
— C’est moi qui leur ai dit de venir ; ils l’avaient promis : ils étaient engagés.
Et s’adressant à la personne qui avait gardé la porte :