— Peut-être que les évêques sont venus. Pourquoi ne sont-ils pas entrés ?

— Parce que j’avais la consigne de ne laisser entre personne, Excellence.

III

Comme toujours, le Père Berthier vint à notre hôtel prendre de nos nouvelles.

Le jour après, l’Évêque de Grenoble m’envoya chercher par le Père Berthier : Sa Grandeur voulait me faire visiter le… je ne sais pas précisément si c’est le Collège ou le Séminaire Français : c’était là que logeait l’Évêque de Grenoble, et où les femmes n’entrent jamais. Mais Monseigneur se faisait fort contre tous les règlements.

Le P. Berthier croyait sans doute, et de bonne foi, que Lui, étant venu me chercher, je serais allée seule avec lui. Mes fidèles compagnons de voyage se trouvèrent à partir avec moi. Nous entrâmes dans le parloir, où Mgr de Grenoble attendait ; et son déplaisir, en voyant que je n’étais pas seule avec le P. Berthier, se manifesta sensiblement à nos yeux.

— Eh bien, me dit-il, vous voilà. Attendez un instant. Je vais solliciter la permission pour vous au supérieur ; puis nous visiterons le Séminaire.

Et il s’éloigna.

Pendant ce temps, je pensais :

— Monseigneur n’obtiendra pas la permission. Il me semble que c’est bien ici que se trouve ce Directeur (ou professeur) qui ne croit pas à la Salette ; il fait même du mal aux séminaristes.