— Que suis-je, Très-Saint-Père, pour oser m’imposer ?

— Oui, je vous dis : Vous allez partir avec Monseigneur de Grenoble, et vous ferez observer la Règle de la Sainte Vierge.

— Très-Saint-Père, permettez que je vous dise que depuis longtemps, ces prêtres et ces religieuses vivent de la vie plus que séculière ; et qu’il leur sera très, très-difficile de se plier à une Règle d’humilité, d’abnégation. Il me semble plus facile de faire cette fondation avec des personnes séculières de bonne volonté, plutôt qu’avec toutes celles qui sont sur la montagne, et qui sont loin d’être de bons chrétiens.

— Écoutez. Vous allez aller là-haut avec la Règle de la Sainte Vierge, que vous leur ferez connaître. Et ceux qui ne voudront pas l’observer, l’Évêque les enverra dans quelque paroisse.

— C’est bien, Très-Saint-Père.

— Vous allez donc partir, et partir tout de suite. Mais comme, pour l’ordinaire, quand le bon Dieu daigne donner un règlement de vie monastique, il donne, il communique à la même personne l’esprit dans lequel doit être observé le Règlement, c’est pourquoi il faut que vous l’écriviez, quand vous serez à Grenoble, avant de monter sur la montagne de la Salette, et que vous me l’envoyiez.

— Oh ! Très-Saint-Père, de grâce, ne m’envoyez pas à Grenoble, sous Mgr Fava ; parce que je n’aurai pas ma liberté d’action.

— Comment, comment cela ?

— Mgr Fava m’ordonnerait d’écrire comme il veut, non comme veut l’Esprit-Saint.

— Mais non ! mais non ! Vous vous mettrez seule dans une chambre et vous écrirez. Quand vous aurez écrit bien des pages, vous me l’envoyez A MOI.