« J’ai ouvert les alvéoles ou pailles desséchées. Les unes ne renferment aucune graine, ce sont sans doute celles qui ont été envahies les premières et quand les embryons étaient à peine noués. Les autres renferment un grain amaigri et desséché que rien ne nourrit ; ce sont celles qui ont été envahies plus tard. Dans les unes et les autres nous avons trouvé, sous forme de poudre jaune, des petits vers qui, sans doute, produisent tous ces ravages. Chacun peut, aujourd’hui, constater le même phénomène : il suffit de se rendre au premier champ de blé, de prendre en mains quelques épis, d’ouvrir les corolles marquées à leur racine d’une tache noire, et l’on verra pulluler les animalcules… »

Elle avait dit qu’il viendrait une grande famine et que les hommes feraient pénitence par la faim. Or, en 1854-1855, le blé se vendait en France 55 et 60 francs les cent kilogrammes. D’après des statistiques publiées par le Constitutionnel et l’Univers en 1856, la cherté des vivres aurait amené en France, pour les deux années 1854 et 1855, la mort de cent cinquante-deux mille personnes ; et de plus d’un million, pour toute l’Europe, d’après les autres journaux. Et l’Univers du 12 décembre 1856 ajoutait : « Sous cet euphémisme Décès résultant de la cherté, il faut lire : Morts de misère et de faim… On ignore le chiffre de 1856, mais la cause n’a pas disparu… »

En Espagne le gouvernement acheta du blé pour 60 millions de réaux, afin d’éviter la disette. — En Pologne, les vivres étaient si chers, en 1856, que l’empereur de Russie augmenta d’un tiers le traitement des fonctionnaires.

Elle avait dit qu’avant la famine, les petit enfants prendraient un tremblement et mourraient entre les mains des personnes qui les tiendraient. Or, en 1847, la réalisation de la menace débuta par une grande mortalité des petits enfants dans le canton de Corps. En 1854, dans la France, soixante-quinze mille enfants au-dessous de sept ans moururent de la suette. Un froid glacial les saisissait, suivi d’un tremblement qui amenait la mort après deux heures de souffrances.

Elle avait dit que les noix deviendraient mauvaises. Or, un rapport adressé en 1852 au ministre de l’intérieur a constaté que la maladie des noyers avait anéanti cette récolte, l’année précédente, dans le Lyonnais, le Beaujolais et l’Isère ; et que c’était une calamité pour ces régions, dont la récolte des noix est une des principales ressources.

Elle avait dit que les raisins pourriraient. Or le fléau dure encore. Voilà bientôt 60 ans que les raisins pourrissent…

Le seul accomplissement des menaces prophétiques publiques ne suffit-il pas pour qu’on dise : Si la Salette n’est pas un article de foi, c’est un article de bonne foi ; si la Salette n’est pas un dogme, c’est une grâce immense dont on n’a pas assez profité ?

En commentant et méditant le Secret, verset par verset, nous verrons que ses menaces prophétiques, plus nombreuses et beaucoup plus graves que celles du discours public, se sont pleinement réalisées jusqu’à ce jour. C’est le flambeau divin par excellence, car la prophétie n’est possible qu’à Dieu. Il est évident qu’il est au-dessus du pouvoir des créatures, non seulement de diriger les évènements lointains, mais encore de les prévoir avec certitude, quand leurs causes n’existent pas encore.

La grande Apparition de la Salette a été éclairée de tous les flambeaux. Trois ans et quelques mois après, M. l’abbé Michel Perrin, qui desservait le pèlerinage, attestait, les pièces en main, plus de deux cent cinquante guérisons obtenues par l’invocation de Notre-Dame de la Salette. La fontaine, qui ne « fluait » qu’à la fonte des neiges ou à la suite des grandes pluies, et qui, depuis, résiste à toutes les sécheresses, est un miracle permanent.

Flambeau divin, les interrogatoires qu’on fit subir aux enfants. N’était-il pas miraculeux de voir deux enfants qui, la veille, ne parlaient pas le français, débiter un long discours sans comprendre, et s’expliquer aisément en cette langue ? « Les interrogatoires les plus subtils ne les effraient point, les phrases les plus captieuses ne les déconcertent point ; ils échappent à tous les pièges au moyen de réponses claires et péremptoires. Confrontés ou séparés, leurs dépositions s’harmonisent, se complètent, se corroborent, et cela sur des détails sans valeur. Les théologiens se sont avoués vaincus, les jurisconsultes et les savants, d’abord d’une hardiesse extrême, craignirent bientôt d’y voir trop clair. Après l’un de ces interrogatoires, on disait à Mélanie :