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«Il ne lui suffisait pas d'être implanté parmi nous. Il lui fallait régner par le Figaro, et Villemessant fut assez infâme pour le lui abandonner.
«On sait, d'ailleurs, la reconnaissance du légataire, et le mot, révélateur de la beauté de son âme, qu'il laissa tomber, en manière d'oraison funèbre, sur la montagneuse charogne de son bienfaiteur.
«Il venait de rembourser quatorze cent cinquante francs à la caisse du journal, pour dette de jeu contractée envers le patron.
«Presque aussitôt, le télégraphe apporte la nouvelle de la mort de
Villemessant.
«Après la première émotion, Wolff dit à ses camarades:
«—Je n'ai jamais eu de chance avec notre rédacteur en chef. Si la nouvelle était arrivée quelques heures plus tôt, je ne payais pas les quatorze cent cinquante francs et la famille ne les aurait jamais réclamés.
«Il ne reste plus qu'à rapprocher de cette anecdote, le cantique d'allégresse des journaux allemands, apprenant la sinistre farce de naturalisation du chroniqueur, et, félicitant l'Allemagne d'être débarrassée d'une fière canaille aux dépens de cette imbécile de France qui s'empressait de la recueillir.
«J'ai parlé de pertes au jeu. Une étude sur Albert Wolff ne serait pas complète, si on oubliait de mentionner ce trait essentiel.
«Fort tranquille du côté des femmes, il se rattrape au tripot.