Il faut prendre son parti de n'obtenir jamais que d'intermittents éclairs, car Jésus lui-même, venu, disait-il, pour tout « accomplir », ne s'exprima qu'en paraboles et similitudes.

L'interprétation des Textes sacrés fut autrefois considérée comme le plus glorieux effort de l'esprit humain, puisqu'au témoignage de l'infaillible Salomon, la « gloire de Dieu est de cacher sa parole ».[12]

[12] Proverbes, chap. 25, v. 2.

C'était, alors, le temps des maîtres et le règne tranquille des spéculations d'en haut. Maintenant, c'est l'heure des domestiques et la victoire décisive des curiosités d'en bas.

Il est donc au moins superflu d'espérer un peu d'attention et je me garderais soigneusement d'y prétendre, si je ne savais pas qu'on meurt de faim dans les étables du Pasteur et qu'un grand nombre de voix réclament déjà la clef du siècle prochain où les indigents supposent que la Providence a mis en réserve le rassasiement des esprits.

J'ai la douleur de ne pouvoir proposer à mes ambitieux contemporains un révélateur authentique. La conciergerie des Mystères n'est pas mon emploi et je n'ai pas reçu la consignation des Choses futures. Les prophètes actuels sont, d'ailleurs, si complètement dénués de miracles qu'il paraît impossible de les discerner.

Mais s'il est vrai qu'on en demande, par une conséquence naturelle de ce point de foi qu'il doit en venir un jour, je voudrais savoir pourquoi on ne les demande jamais à l'unique peuple d'où sont sortis tous les Secrétaires des Commandements de Dieu.

XIV

Je sais bien qu'il y a l'histoire du figuier maudit pour avoir été trouvé sans fruit, lorsque Jésus était affamé. Il est vrai que « ce n'était pas encore le temps des figues ». L'Évangile en fait la remarque.

Il dit même qu'il n'y a pas lieu de désespérer tout à fait si on creuse à l'entour et qu'on y verse des « excréments ».[13] Un peu de patience, il sera toujours temps de l'abattre s'il s'obstine à ne produire aucun fruit.