Israël est donc investi, par privilège, de la représentation et d'on ne sait quelle très-occulte protection de ce Paraclet errant dont il fut l'habitacle et le receleur.

Pour qui n'est pas destitué de la faculté de contemplation, les séparer semble impossible, et plus l'extase est profonde, plus étroitement soudés l'un à l'autre ils apparaissent. Cela finit par ressembler, dans la perspective des gouffres, à une sorte d'identité.

Mais voici quelque chose de singulier. La Croix représente aussi l'Esprit-Saint. Elle est l'Esprit-Saint lui-même!

« Un jour la Terre apprendra, pour en agoniser d'épouvante, que ce Signe était mon Amour, c'est-à-dire l'Esprit-Saint caché sous un travestissement inimaginable!… »[31]

[31] Le Désespéré, page 367. Édition Soirat.

La Croix est un signe essentiellement Septénaire.

En conséquence, les Juifs, si prodigieusement harmoniques à l'Esprit-Saint dont on entend perpétuellement la voix juive dans le contre-bas de nos liturgies, parce que cet Esprit a soufflé sur eux comme l'ouragan, — les Juifs donnent précisément la Croix au Verbe de Dieu pour que l'écrasant Amour soit sur Lui dans sa forme symbolique la plus parfaite et la plus dure.

A cette Croix, dont s'affligent les Sept Jours, ils clouent fortement le même Verbe de Dieu qui est le pauvre Jésus, comme les barbares paysans clouent l'oiseau de la Sagesse à la porte de leur maison.

Ils le clouent de façon puissante pour qu'Il ne descende pas sans leur permission.

Sept coups de marteau pour la Main droite, Sept pour la Main gauche et Sept encore pour l'effroyable pointe échardée qui transperce les deux Pieds du Bon Pasteur ; — afin que soit obtenu le nombre significatif de vingt et un qui fut celui des années de ce dérisoire Sédécias, au Nom magnifique,[32] lequel « ne rougissait pas devant la face de Jérémie », quand il monta sur le trône souillé de Jérusalem, dont le triste peuple allait être fait captif.