Ne voit-on pas, en effet, que c'est en accomplissant ce qui pouvait être imaginé de plus identique à la boucherie du vieux Caïn, qu'ils déterminèrent le Christianisme, aussi impossible sans eux que le « Cri du Sang d'Abel » sans le premier meurtre? — et, de même que les chrétiens portent la Croix en saillie sur leurs poitrines ou sur les frontons de leurs tabernacles, ils la portent en creux dans leurs âmes dévastées ou dans les cavernes périlleuses de leurs synagogues.
Quoi qu'ils disent et quoi qu'ils fassent, ils ne peuvent pas n'être pas l'intaille du Sceau de la Rédemption.
Et c'est pourquoi leur dégoûtant aspect est encore plus démonstrateur que celui des meilleurs chrétiens qui peuvent si facilement altérer, — par leur propre volonté, — le relief de l'Effigie salutaire.
Cette empreinte béante, élargie comme le précipice du Chaos, par l'œcuménique dilatation du Catholicisme, ils ont essayé de la combler en la remplissant d'argent, et ils n'ont réussi qu'à donner à ce terrible cancer l'apparence d'un astre blafard, — se rendant eux-mêmes tout à fait semblables à des miroirs de concupiscence et de mort.
XXVII
Oserai-je dire maintenant, fût-ce avec des timidités de colombe ou des prudences de serpent, au risque de passer pour un misérable fomentateur de sophismes hétérodoxes, le conflit adorablement énigmatique de Jésus et de l'Esprit-Saint?
J'ai parlé de Caïn et d'Abel, de l'Enfant prodigue et de son frère, comme j'aurais parlé du mauvais Larron et du bon Voleur qui les évoquent si étrangement.
J'aurais pu tout aussi bien rappeler l'histoire d'Isaac et d'Ismaël, de Jacob et d'Ésaü, de Moïse et du Pharaon, de Saül et de David et cinquante autres moins populaires, où la Compétition mystique des Aînés et du Puîné, décisivement et sacramentellement promulguée sur le Golgotha, fut notifiée, tout le long des âges, dans le mode prophétique.
Les frères anathèmes ou persécuteurs représentent toujours le Peuple de Dieu contre le Verbe de Dieu. C'est une règle invariable et sans exception que l'Éternité ne changerait pas.
Or, le Peuple de Dieu, c'est le lamentable peuple des Juifs particulièrement dévolus au Souffle du Sabaoth qui les fit tant de fois résonner comme les harpes des bois séculaires.