Etc., etc.

On pourrait multiplier à l'infini ce jeu d'initiales qui faisait l'amusement des écolâtres anciens.

Mais il s'agit là d'un point central, de l'axe même des paraboles à venir, de l'essieu des Roues d'Ézéchiel, et si on veut parler sérieusement de ces deux premiers fils d'Adam qui sont à l'aube des antagonismes humains, toutes les Idées essentielles vont se précipiter en poussant des cris…

Qu'il suffise d'observer que le Seigneur, ne pouvant parler que de Lui-même, est nécessairement représenté du même coup par l'un et par l'autre, par le meurtrier aussi bien que par la victime, par celle-ci qui est sans gardien et par celui-là qui n'est le « gardien » de personne.

L'innocent Abel « pasteur de brebis », tué par son frère, est une évidente figure de Jésus-Christ ; et le fratricide Caïn, maudit de Dieu, errant et fugitif sur la terre, en est une autre non moins certaine, — puisqu'ayant tout assumé, le Sauveur du monde est, à la fois, l'Innocence même et le Péché même, suivant l'expression de saint Paul.[30]

[30] II Cor. V, 21.

L'aventure du Prodigue rappelée tout à l'heure, n'est, au fond, qu'une des innombrables versions de cette première aventure de l'humanité.

Il est vrai que le compagnon des pourceaux n'a pas tué son frère, mais celui-ci est néanmoins immolé sous les espèces du Veau gras, et le bienvenu porcher reçoit, — lui aussi, — de la main du Père et Seigneur, quelques signes mystérieux d'une fort étrange sollicitude…

Dans l'immense forêt pénombrale des Assimilations scripturaires, c'est bien toujours la même histoire et la trame infiniment compliquée du même secret.

Sous l'impulsion de ces insolites pensées, dire que les Juifs sont marqués de la Croix tout autant que les chrétiens et tout autant que put l'être le Fratricide, c'est risquer au plus une Lapalissade, — scandaleuse, j'en conviens, comme toutes les Lapalissades.