Déjà il était devant elle, lui tendant la main avec un regard aussi franc, aussi tendre — oui, aussi tendre ! — que si une odieuse créature du nom de madame Hémery n’avait jamais existé. Cependant il était troublé, tellement troublé, qu’il ne remarqua point l’accueil singulier de Jeanne.
— Je vais vous dire une chose qui vous étonnera beaucoup, commença-t-il. Mais vous avez confiance en moi, j’espère ?
— Expliquez-vous. Nous le saurons après.
— A l’avenir, répondit-il en la regardant, un peu étonné, vous ne verrez plus chez vous une personne qui y venait souvent : madame Hémery.
— Et pourquoi ne la verrai-je plus, s’il vous plaît ?
— Parce que je lui ai défendu d’y reparaître.
— Cela ne suffit pas, dit Jeanne en contenant la colère qui, de nouveau, s’emparait d’elle. Vous devez avoir une raison ? je veux la connaître.
— J’aurais aimé ne point vous la dire en ce moment. Vous savez que je ne suis pas homme à faire une chose si grave à la légère.
— C’est possible. Mais j’insiste pour connaître vos motifs.
— Jeanne, vous me faites une peine véritable en agissant ainsi.