Là-dessus le pédagogue prit son chapeau et quitta la salle d’études, installée dans une vieille tour du château, non sans emporter la clef de la porte massive, fermée à double tour.
— Vieux cuir à rasoir ! grommela Guy qui avait fréquenté, durant les vacances, de jeunes voisins, élèves de Vaugirard.
Cinq minutes après, il travaillait activement à la fabrication d’un filet destiné à servir de tombe aux poissons de la Loue, petite rivière dont le château dominait l’étroite vallée.
Déjà, depuis une demi-heure, les mailles s’ajoutaient rapidement aux mailles lorsque, à l’entrée de la pièce, en dehors, un léger bruit se fit entendre. Comme de juste, en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire, le filet inachevé fut réintégré dans les profondeurs d’un tiroir mystérieux. Et la plume de courir sur le papier, tout en haut de la page encore blanche, hélas ! Qu’allait dire le féroce Perraudin ?
Mais, au dehors, ce fut une douce et gentille voix d’enfant qui se fit entendre :
— Guy ! ouvre-moi.
Le personnage interpellé haussa les épaules et ne répondit pas.
— Guy ! reprit la petite voix, es-tu là ? Tu sais que je ne suis pas assez grande pour ouvrir. Viens goûter, et ensuite miss Cecil nous conduira à la promenade.
L’écolier obéissait toujours comme à une petite reine à l’enfant qui l’appelait pour la seconde fois. Il quitta son escabeau, s’approcha de la porte et, appuyant son front contre l’épais lambris de chêne :
— Pour t’ouvrir, il faudrait avoir la clef… et je ne l’ai pas.