La leçon s’acheva de la sorte ; midi sonna ; le professeur fut retenu à déjeuner avec Vieuvicq et madame de Rambure.
La première côtelette à peine finie, on vint avertir Jeanne que sa couturière était dans l’antichambre.
— Pardon, dit-elle en se levant, mais Caroline est une grande dame qui n’attend pas. Si je la laisse partir, il me faudra aller chez elle.
On approchait du dessert quand la jeune femme reprit sa place. Vers le café, on lui remit une carte.
— Ah ! quel bonheur ! c’est d’Avricourt, s’écria-t-elle. Nous sommes en marché pour une jument. Je vais le rejoindre au salon. Finissez sans moi. Je ne prends jamais de café.
Au sortir de table, le musicien fut appelé par l’heure vers d’autres élèves. Madame de Rambure se retira chez elle. D’Avricourt, qui semblait établi pour longtemps, racontait à mots couverts des histoires qui produisaient sur Guy l’impression énervante d’une langue inconnue.
Comme deux heures sonnaient, Jeanne se leva avec les marques d’un étonnement profond.
— Déjà si tard ! je devrais être habillée. On vient me prendre pour aller à l’Hôtel des ventes.
D’Avricourt, habitué à ces congés subits, s’arrêta court au milieu de ses commérages, et s’esquiva après un mouvement de tête semblable au salut involontaire des jeunes soldats quand sifflent les premières balles.
— Je suis sûre que vous êtes mécontent ? demanda Jeanne en tendant la main à Vieuvicq.