—Quand elle rentrera, je lui parlerai, dit-il bientôt entre ses dents.
Et, pas plus tard que demain je veux qu'elle consulte.

—Pas plus tard que demain, mon cher oncle, elle, vous et moi serons dans l'express de Poitiers, ne vous déplaise.

—N'allons pas si vite, mon neveu. Si ma petite-fille est malade, c'est aux eaux que je dois la conduire. Je ne sais pas d'endroit plus humide que Vaudelnay. Mes rhumatismes peuvent en dire quelque chose.

Quelle singulière lubie de ne pas vouloir venir chez nous! Comment expliquer cette résistance? Par la rancune du passé? Comme je me posais ces questions, nous entendîmes la voix de Rosie qui chantait dans l'antichambre.

—Tiens, écoute comme elle est malade! dit l'oncle Jean.

Mes plans s'en allaient à vau-l'eau. J'essayai pour la seconde fois d'enlever l'affaire par surprise, en frappant ailleurs.

—Veux-tu que nous partions tous ensemble pour Vaudelnay? demandai-je avant que mon oncle eût le temps de dire un mot. Ton grand-père en meurt d'envie; mais il a peur de te contrarier.

Le rossignol s'était tu subitement. Les jolies joues roses devinrent blanches comme des lis.

—Partir pour Vaudelnay?…tous ensemble!…. Oh! mon Dieu, quel bonheur! soupira ma cousine en se laissant tomber sur une chaise.

—Animal! me cria mon oncle. Voilà une enfant qui va s'évanouir!